dimanche 9 juillet 2017

Forever Young c'est un peu l'histoire de chacun d'entre nous


Forever Young, de Charlotte Orcival



Comme vous le savez peut-être si vous me suivez sur Facebook je suis attentivement l’arrivée imminente de Bloggers' parmi nos magazines littéraires. Mais j’en tente également l’aventure ! Sélectionnée pour la deuxième phase, je dois chroniquer le roman Forever Young de Charlotte Orcival, finaliste du speed dating Amazon en 2016.
Mais ce n’est sans doute pas le plus important. Le plus important c’est bien le livre !


Résumé :

En 1984, Anna, 13 ans, parisienne, débarque au collège de Vannes, en Bretagne. Fan inconditionnelle des Smith -et de la plupart des groupes anglais en général-, étrangement attirée par l’histoire de sa famille traversée par des polonais, des ardéchois et l’horreur de la seconde guerre mondiale, écrivaine à ses heures perdues, elle pénètre dans le monde étrange et bouleversant de l’adolescence. Elle y fera la découverte de l’amitié, du désir, des baisers au clair de lune, de l’affreuse douleur du manque et de l’abandon, des soirées où la terre entière paraît plus grande ; mais aussi de la haine et de la jalousie comme seuls des adolescents savent les ressentir, comme des coups au coeur.

Mon avis :

Forever Young. Rien qu’avec ce titre j’étais méfiante : encore une histoire d’amour belle à en crever comme seuls les personnages de romans peuvent en avoir ? Non merci.

Et pourtant.

Pourtant il y a Erwan, le protecteur, le nounours au coeur tendre, le grand frère pour qui la vie est une fête. Il y a Laure, la meilleure amie que l’on comprend d’un seul coup d’oeil, qu’on suivrait jusqu’au bout du monde mais qui cache un lourd secret. Il y a Julien, le beau Julien, lunatique et mordant, fier et cynique.
Tous ces personnages qui pourraient être d’autres personnes, d’autres souvenirs peut-être ?

Et il y a Anna bien sûr qui pourrait si facilement être moi ou vous des années auparavant avec son désir de grandir, ses irrépressibles mensonges qu’elle se sent obligée de formuler pour vivre un peu parce que « maman a de sérieux wagons de retard » et qu’elle « n’est pas dans [sa] réalité ». Ses émotions aussi, toutes exacerbées qu’elles soient, ses attentes et son désir qui s’éveille tout en découverte et sensualité.
Et au milieu de tout cela, il y a nous lecteurs et lectrices qui nous reconnaissons dans sa douleur, dans son rire, dans sa joie, dans ses premières fois qui nous ont tout autant forgés qu’elle.

Parce que Charlotte Orcival n’a pas seulement raconté une histoire, elle a raconté l’adolescence. L’adolescence qui se déploie, là, comme un journal intime dont certains mots m’ont coupé le souffle tant ils brillaient de cette intensité si forte, vive et douce à la fois qui est propre à cet âge que l’on juge « ingrat », et qui pourtant reflète à bien des égards toute la beauté de la découverte des autres mais surtout de soi.

Pour conclure :
Charlotte Orcival écrit avec une justesse inouïe et nous donne à voir un roman d’apprentissage d’une émouvante sincérité entre la candeur de l’enfance et l’hésitation de l’adulte. C’est une véritable petite perle !

Citation(s) :

« Je suis trop jeune pour entrer comme ça, dans cette cour-là. Il a raison. Mais il n’en demeure pas moins vrai que je crois que je suis amoureuse de lui. Malgré tout. En dépit de lui.
C’est drôle d’écrire cela.
Amoureuse de lui.
Amoureuse tout court.
Amoureuse.
Ça veut dire que je me sens jolie et puis très laide aussi. Grande et toute petite dedans. Mon coeur bat très vite au moment même où j’écris ces mots. Je voudrais que cela s’arrête mais que ça dure aussi.

J’ai peur, mais je crève d’être lundi. »

« Maman a de sérieux wagons de retard. Je ne lui en veux pas. Elle n’est pas dans ma réalité ».


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