vendredi 11 août 2017

Les filles de l'orage : une intrigue bien ficelée malgré des personnages caricaturés


Les filles de l’orage, de Kim Wilkins


L’auteure australienne n’en est pas à son premier roman et déjà le second tome de l’épopée de Le Sang et l’Or paraît chez Bragelonne éditions. Pourtant, si le résumé et l’intrigue sont très intéressantes je ne peux m’empêcher de ressentir une pointe de déception… explications !

Victime d'un sortilège le roi de Thyrsland est dans le coma. Effrayée, sa femme se refuse à faire appel à l'aînée des héritiers, Bluebell, qui la terrifie au plus haut point. Au lieu de quoi, elle rappelle auprès d'elle son unique fils, ce qui n'est pas pour plaire à la future reine, qui, dès lors, la verra comme l'unique responsable de cette étrange malédiction qui frappe son père.
Ayant reçu la nouvelle, les cinq filles du roi reviennent au royaume, chacune ayant grandi dans des environnements différents avec un caractère on ne peut plus singulier...

Bluebell revient l'épée au poing, rayonnante des batailles menées et auréolée d'une réputation à faire pâlir le plus aguerri des guerriers teintée de crainte et de respect mêlé. Rose, elle, ne sait plus où donner de la tête, trahie par son propre corps face au neveu de son mari, trahie aussi, par sa fille dont les reflets roux ne sont pas encore assez visibles pour inquiéter son époux aux cheveux sombres. Arrive ensuite Ash, poursuivie par un cauchemar prémonitoire qu'elle s'efforce d'oublier, au risque de s'oublier elle-même et de passer à côté de sa fabuleuse destinée entachée de morts. Les jumelles Ivy et Willow ne pourraient être plus différentes que le jour et la nuit, la première attirée par l'idée qu'elle se fait des hommes et la seconde convertie à une religion obscure...

Réunies pour sauver leur père les cinq filles n’en ont pas moins une relation conflictuelle, bercée par les secrets, les mensonges et les petites trahisons qui peu à peu creusent des tranchées là où les liens du sang auraient dû les réunir. Lorsqu’Ash prédit la guérison de leur père des mains d’une lointaine parente, une sous-magicienne, les jeunes filles se précipitent dans cette direction… Mais toutes ne sont pas prêtes à aller jusqu’au bout de cette quête, à sacrifier l’impossible à défier l’impensable. Tour à tour leurs chemins se séparent...pour ne plus se recroiser ? Rien n’est moins sûr puisque Kim Wilkins distille dans ce premier roman de nombreux indices qui permettent d’envisager une suite plus sombre, énigmatique et prophétique.

Comme vous pouvez le constater à la lecture de cette première partie, j’ai apprécié la façon dont était mené et rythmé le roman. En passant de point de vue en point de vue, tous plus différents les uns que les autres, Kim nous invite également à voir les personnages autrement, peut-être avec plus d’indulgence. Pourtant je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir le sentiment qu’en voulant représenter toutes les parts de la femme à travers cinq filles différentes, l’auteure les a caricaturées, les rendant bien souvent haïssables, exécrables. A part peut-être Ash, aucune n’est parvenue à trouver grâce à mes yeux… Willow est aveuglée par sa religion, Rose ne fait que pleurnicher de bout en bout et pas toujours à juste titre, Bluebell ne pense qu’à son devoir ce qui la rend aussi intransigeante qu’exaspérante et Ivy ne pense qu’aux hommes et à la richesse quitte à détruire ce qui se trouve autour d’elle pour l’obtenir… des travers exacerbés par un manque de contrepartie. Difficile d’apprécier un personnage quand on en voit que les défauts !

En dehors de cela, le premier tome avance lentement, d’ailleurs on pourrait presque dire qu’il ne se passe pas grand-chose si l’auteure n’avait pas placé tous ses pions au fur et à mesure du roman nous laissant présager une suite plus agréable à lire : prophétie, magie, morts et fratricide seront sans doute au rendez-vous !


En résumé : Si les personnages, assez détestables, ne m’ont pas du tout plu, l’intrigue reste bien menée notamment par ce jeu de point de vue et promet un second tome intéressant. 

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