mardi 15 août 2017

La rentrée littéraire approche, découvrez ma sélection !




581 livres… Pour peu je crois bien que l’on pourrait s’y noyer, heureusement de nombreux sites et critiques littéraires ont dors et déjà annoncé leurs couleurs nous aidant ainsi à nous guider parmi la masse chaotique de sorties… Je vous laisse ainsi avec ma propre sélection.

Les livres marqués d'un astérisque sont déjà dans ma bibliothèque !



16 août, Sous les serpents du ciel, Emmanuel Ruben, éditions Rivages

Un jour d’automne, au milieu du xxie siècle, dans une vieille ville anonyme, quelque part entre la mer et le désert. Les premiers pans du grand barrage qui coupe en deux les Îles du Levant se fissurent. Le jour de la chute du mur, quatre hommes prennent la parole à tour de rôle et imaginent le futur.
Mais leur passé les rattrape car tous se souviennent de la mort de Walid, un adolescent qui, vingt ans auparavant, faisait voler son cerf-volant au-dessus de la frontière lorsqu’il fut pulvérisé par un drone ou une roquette, dans des conditions mal élucidées. Qui était-il réellement ? Qui l’a tué ? Pourquoi est-il mort ?
Chacun, selon son point de vue, raconte l’histoire de ce jeune révolté. Mais la voix de Walid se mêle peu à peu à celle des quatre narrateurs, pour dire le vrai sens de sa révolte. Des voix de femmes l’accompagnent dans cette quête, chantant la tristesse et la beauté d’une terre écartelée, où les hommes n’ont jamais fait que promettre la guerre et profaner la paix.



17 août, C’est le coeur qui lâche en dernier, Margaret Atwood, éditions Robert Laffont

Stan et Charmaine ont été touchés de plein fouet par la crise économique qui consume les États-Unis. Tous deux survivent grâce aux maigres pourboires que gagne Charmaine dans un bar sordide et se voient contraints de loger dans leur voiture... Aussi, lorsqu'ils découvrent à la télévision une publicité pour une ville qui leur promet un toit au-dessus de leurs têtes, ils signent sans réfléchir : ils n'ont plus rien à perdre. À Consilience, chacun a un travail, avec la satisfaction d'oeuvrer pour la communauté, et une maison. Un mois sur deux. Le reste du temps, les habitants le passent en prison... où ils sont également logés et nourris ! Le bonheur. Mais le système veut que pendant leur absence, un autre couple s'installe chez eux avant d'être incarcéré à son tour. Et Stan tombe bientôt sur un mot qui va le rendre fou de désir pour celle qui se glisse entre ses draps quand lui n'y est pas : " Je suis affamée de toi. " Avec C'est le coeur qui lâche en dernier, Margaret Atwood nous livre un roman aussi hilarant qu'inquiétant, une implacable satire de nos vices et travers qui nous enferment dans de viles obsessions quand le monde entier est en passe de disparaître.



17 août, Par le vent pleuré, Ron Rash, éditions Seuil

Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis un demi-siècle. 1967 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue. À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l’éternelle confrontation d’Abel et de Caïn.



23 août, Summer, Monica Sabolo, JCLattès éditions

Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ?
Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences.



24 août, Pour te perdre un peu moins, Martin Diwo, éditions Plon. *

Lui, elle, une histoire universelle. Elle s'en va, il la rêve.
Vous avez peur ?
Oui. Peur de l’après. Peur, parce que mettre le mot fin à ce livre, c’est mettre le mot « fin » à notre histoire. Aujourd’hui, Elle existe grâce à l’écriture, mais après ? Après, Elle n’existera plus et ça, je ne sais pas si je suis capable de le supporter.
N’avez-vous pas envie qu’il soit lu ?
Vous savez quoi ? Je l’ignore. Enfin, il faudrait déjà que je le termine. Je ne sais pas si j’ai le courage d’écrire certaines choses. Celles que je vous confie par exemple. A vous, je peux les dire, mais au lecteur ? Nos conversations sont quand même très personnelles, non ? Et puis le but du livre n’est pas de déballer mes sentiments, c’est un roman, vous savez ? Enfin… un roman… en réalité c’est un double meurtre, un cri.
Et ce cri, n’est-ce pas pour être entendu que vous l’avez poussé ?
Ok je vois où vous voulez en venir. Vous pensez que j’ai écrit ce livre pour la faire revenir, c’est ça ?



24 août, Un funambule sur le sable, Gilles Marchand, éditions Aux forges de Vulcain

Stradi naît avec un violon dans le crâne. Cette anomalie rare fait la joie des médecins, et la souffrance de ses parents. D'abord condamné à rester à la maison, il peut finalement aller à l'école et découvrir que les plus grandes peines de son handicap sont l'effet de la maladresse ou de l'ignorance des adultes et des enfants. Mais, à ces souffrances, il va opposer chaque jour son optimisme invincible, hérité de son père inventeur et de sa mère professeur. Jusqu'au moment où cette fantaisie permanente de Stradi va se heurter aux nécessités de la vie adulte : avoir un travail, se tenir bien, attendre la mort dans l'ennui le plus total. Comment grandir sans se nier ? Comment s'adapter sans renoncer à soi ? Un roman empreint de réalisme magique, de plein de musique, de fantaisie, d'imagination, de lumière et d'optimisme, accompagné par la musique des Beach Boys, et brillant de mille éclats empruntés à Gary, Vian et Perec.



30 août, Ma reine, Jean-Baptiste Andréa, éditions L’iconoclaste

Shell n’est pas un enfant comme les autres. Il vit seul avec ses parents dans une station-service. Après avoir manqué mettre le feu à la garrigue, ses parents décident de le placer dans un institut. Mais Shell préfère partir faire la guerre, pour leur prouver qu’il n’est plus un enfant. Il monte le chemin en Z derrière la station. Arrivé sur le plateau derrière chez lui, la guerre n’est pas là. Seuls se déploient le silence et les odeurs de maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai.



30 août, Le coeur battant de nos mères, Brit Bennett, éditions autrement

Nadia a 17 ans et la vie durant elle. Mais quand elle perd sa mère et avorte en cachette, tout change. Elle choisit alors de quitter la communauté noire et religieuse qui l’a vue grandir. Boursière dans une grande université, Nadia fréquente l’élite. Elle a laissé derrière elle Luke, son ancien amant aux rêves brisés, et Aubrey, sa meilleure amie. Durant une décennie marquée des affres de la vie, les trajectoires des trois jeunes gens vont se croisent puis diverger, tendues à l’extrême par le poids du secret. Dans la lignée d’Elena Ferrante et de Chimamanda Ngozi Adichie, Brit Bennett donne voix à des héros en quête d’accomplissements et nous offre un roman lumineux, inoubliable.



31 août, La maison des Turner, Angela Flournoy, éditions Les Escales *

Cela fait plus de cinquante ans que la famille Turner habite Yarrow Street, rue paisible d’un quartier pauvre de Detroit. La maison a vu la naissance des treize enfants et d’une foule de petits-enfants, mais aussi la déchéance de la ville et la mort du père.
Quand Viola, la matriarche, tombe malade, les enfants Turner reviennent pour décider du sort de la maison qui n’a désormais plus aucune valeur, la crise des subprimes étant passée par là.
Garder la maison pour ne pas oublier le passé ou la vendre et aller de l’avant ? Face à ce choix, tous les Turner, de Cha-Cha, le grand frère et désormais chef de famille, à Lelah, la petite dernière, se réunissent. Et s’il fallait chercher dans les secrets et la mythologie familiale pour trouver la clef de l’avenir des Turner et de leur maison ?



06 septembre, Camarade Lune, Barabara Balzerani, éditions Cambourakis

Barbara Balzerani a été l’une des femmes à occuper un poste stratégique au sein des Brigades rouges. Dans l'enceinte de la prison haute sécurité où elle a été incarcérée pendant de nombreuses années, elle a pris le temps d'interroger son parcours, ses origines ouvrières, de réexaminer les réflexions philosophiques qui l'ont conduite à un tel engagement. Car avant d'être l'histoire d'une génération politique ou celle d'une organisation armée, Camarade lune est bien celle d'une femme que ses origines ne sauraient réduire à telle ou telle catégorisation. En ressort la colère de celle qui est née pauvre dans un monde inégalitaire, l'entêtement désespéré de celle qui ne se résout pas à être simplement une femme dans un univers dominé par les hommes, ainsi que l'espérance d'une insurrection contre l'ordre établi rendue soudain possible par le surgissement des événements de 1968.



07 septembre, Espérer le soleil, Nelly Chadour, éditions Moutons électriques

La Grande Peste Noire. Le Grand Incendie. Le Blitz orchestré par les nazis. La Bombe de Staline… Londres a survécu à tout. En 1951, isolée dans la gangue glacée de la nuit nucléaire, la cité millénaire et ses habitants tentent de vivre comme avant. Malgré les radiations, les Rôdeurs de la Nuit, et eux-mêmes.
Quand des enfants de quartiers pauvres sont enlevés par une étrange entité aux yeux incandescents, les tensions éclatent et les destins s'entrecroisent. Ainsi Vassilissa, vampire russe obligée de traquer ses semblables sous les ordres des autorités britanniques ; Satinder, jeune fille sikhe qui n'a pu empêcher la disparition de ses petits frères ; Jaime, ancien résistant espagnol désormais voué au crime organisé ou Gwen, belle héritière blessée au plus profond de sa chair et de son âme. Sous l'objectif du photographe américain Arthur Smitty se succèdent émeutes et révoltes d'une population dont le rêve impossible est de revoir le soleil une dernière fois.



13 septembre, Marche à l’étoile, Hélène Montardre, Rageot éditions *

À 150 années de distance, un jeune esclave enfui d’une plantation du Sud des États-Unis et son descendant, un Américain d’aujourd’hui, entament une traversée. Des montagnes aux vastes plaines, des marécages aux grands fleuves, Billy marche sans répit, traqué par un chasseur d’esclaves. Son but, son étoile : conquérir sa liberté. D’une petite chambre new-yorkaise aux quartiers bourgeois de Bordeaux, Jasper avance dans les pas de son ancêtre. Sa quête : comprendre qui il est.



21 septembre, L’aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux Gallimard jeunesse


Titiana emmène sa fille Nine, 16 ans, dans une mystérieuse cabane au bord d'un lac afin de lui révéler des secrets sur sa vie. Durant toute la nuit, cette dernière écoute, suspendue à ses lèvres, l'histoire de sa famille, ses aventures et ses péripéties parfois drôles et parfois tragiques.

Et vous, quels livres vous font envie ?

vendredi 11 août 2017

Les filles de l'orage : une intrigue bien ficelée malgré des personnages caricaturés


Les filles de l’orage, de Kim Wilkins


L’auteure australienne n’en est pas à son premier roman et déjà le second tome de l’épopée de Le Sang et l’Or paraît chez Bragelonne éditions. Pourtant, si le résumé et l’intrigue sont très intéressantes je ne peux m’empêcher de ressentir une pointe de déception… explications !

Victime d'un sortilège le roi de Thyrsland est dans le coma. Effrayée, sa femme se refuse à faire appel à l'aînée des héritiers, Bluebell, qui la terrifie au plus haut point. Au lieu de quoi, elle rappelle auprès d'elle son unique fils, ce qui n'est pas pour plaire à la future reine, qui, dès lors, la verra comme l'unique responsable de cette étrange malédiction qui frappe son père.
Ayant reçu la nouvelle, les cinq filles du roi reviennent au royaume, chacune ayant grandi dans des environnements différents avec un caractère on ne peut plus singulier...

Bluebell revient l'épée au poing, rayonnante des batailles menées et auréolée d'une réputation à faire pâlir le plus aguerri des guerriers teintée de crainte et de respect mêlé. Rose, elle, ne sait plus où donner de la tête, trahie par son propre corps face au neveu de son mari, trahie aussi, par sa fille dont les reflets roux ne sont pas encore assez visibles pour inquiéter son époux aux cheveux sombres. Arrive ensuite Ash, poursuivie par un cauchemar prémonitoire qu'elle s'efforce d'oublier, au risque de s'oublier elle-même et de passer à côté de sa fabuleuse destinée entachée de morts. Les jumelles Ivy et Willow ne pourraient être plus différentes que le jour et la nuit, la première attirée par l'idée qu'elle se fait des hommes et la seconde convertie à une religion obscure...

Réunies pour sauver leur père les cinq filles n’en ont pas moins une relation conflictuelle, bercée par les secrets, les mensonges et les petites trahisons qui peu à peu creusent des tranchées là où les liens du sang auraient dû les réunir. Lorsqu’Ash prédit la guérison de leur père des mains d’une lointaine parente, une sous-magicienne, les jeunes filles se précipitent dans cette direction… Mais toutes ne sont pas prêtes à aller jusqu’au bout de cette quête, à sacrifier l’impossible à défier l’impensable. Tour à tour leurs chemins se séparent...pour ne plus se recroiser ? Rien n’est moins sûr puisque Kim Wilkins distille dans ce premier roman de nombreux indices qui permettent d’envisager une suite plus sombre, énigmatique et prophétique.

Comme vous pouvez le constater à la lecture de cette première partie, j’ai apprécié la façon dont était mené et rythmé le roman. En passant de point de vue en point de vue, tous plus différents les uns que les autres, Kim nous invite également à voir les personnages autrement, peut-être avec plus d’indulgence. Pourtant je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir le sentiment qu’en voulant représenter toutes les parts de la femme à travers cinq filles différentes, l’auteure les a caricaturées, les rendant bien souvent haïssables, exécrables. A part peut-être Ash, aucune n’est parvenue à trouver grâce à mes yeux… Willow est aveuglée par sa religion, Rose ne fait que pleurnicher de bout en bout et pas toujours à juste titre, Bluebell ne pense qu’à son devoir ce qui la rend aussi intransigeante qu’exaspérante et Ivy ne pense qu’aux hommes et à la richesse quitte à détruire ce qui se trouve autour d’elle pour l’obtenir… des travers exacerbés par un manque de contrepartie. Difficile d’apprécier un personnage quand on en voit que les défauts !

En dehors de cela, le premier tome avance lentement, d’ailleurs on pourrait presque dire qu’il ne se passe pas grand-chose si l’auteure n’avait pas placé tous ses pions au fur et à mesure du roman nous laissant présager une suite plus agréable à lire : prophétie, magie, morts et fratricide seront sans doute au rendez-vous !


En résumé : Si les personnages, assez détestables, ne m’ont pas du tout plu, l’intrigue reste bien menée notamment par ce jeu de point de vue et promet un second tome intéressant. 

mercredi 2 août 2017

Cet été-là, tout recommence mais rien n'est pareil


Cet été-là, de Jillian Tamaki et Mariko Tamaki



Cet été là est une bande dessinée américaine dont Mariko est la scénariste et Jillian l’illustratrice. Les deux artistes se complètent à la perfection en un sublime jeu de non-dits, explorant cette époque tendre et violente de la préadolescence.
Car oui, mes chers dreamers, je profite de mes vacances pour surfer allègrement sur la vague de souvenirs qui m’avait prise à l’issue de la lecture de Forever Young de Charlotte Orcival.

« Awago Beach, c’est cet endroit. Où l’on va chaque été, mes parents et moi.
Depuis…
...peut-être…
Toujours. »

Les étés adolescents. La fin de la routine et du bahut, le début de l’aventure, de la découverte, de l’exploration, des conversations surprises au coin d’un feu, des cris entendus un soir où les étoiles sont lumineuses, des rêves vécus les yeux grands ouverts. L’été où tout change.
Depuis des années, depuis presque « toujours » Rose et ses parents vont à Awago Beach, là « où les bières poussent sur les arbres [et où on] a le droit de dormir jusqu’à 11h » comme le dit son père. L’occasion pour elle de rejoindre son amie d’enfance, Windy, qu’elle retrouve chaque été depuis l’âge de cinq ans.

Mais cette année-là rien n’est plus pareil. Les deux jeunes filles s’interrogent : est ce que c’est normal d’avoir des seins si énormes qu’ils vous frappent le visage quand vous courrez ? Et d’ailleurs quand est ce que Rose en aura, des seins ? Est-elle condamnée comme sa mère à porter un bonnet B ? Alors que Windy pose ces questions de manière exubérante, c’est la narratrice, Rose, qui nous fait pleinement rentrer dans ces interrogations intimes. Des dissensions dues à leur un an et demi d’écart commencent doucement à se faire sentir, Windy ne devrait-elle pas se taire ? Parler moins fort ? Et Rose, elle, ne devrait-elle pas déjà avoir un petit ami ?



Au détour d’un DVD-store les deux jeunes filles font la découverte douce-amer de l’adolescence brute : un groupe de fille parle de sexe, un couple s’embrasse à pleine bouche dans un coin qu’elles cachent derrière l’image déformée d’un bonbon… Peu à peu un monde sauvage, indistinct et merveilleux s’offre à elles. Et les voilà à suivre à la manière d’un documentaire le couple Dun-Jenny entre colère et sexe, amour et révolte.

Mais dans l’histoire de Rose, les disputes de ses parents s’y mêlent, des disputes qu’elle ne comprend pas. Surtout sa mère, Alice, qui ne se baigne pas, qui ne se détend pas, qui ne rit pas. Qui semble s’être arrêtée en chemin, un jour de baignade dans l’eau d’Awago Beach où le bébé a lâché en chemin. Mais ça, Rose ne le comprend pas encore alors la rébellion s’installe : froide, insolente et provocatrice.

Ce texte se confondrait peut-être avec tous les autres si les formidables dessins de Jillian ne venait pas le sublimer et l’expliciter. Sous le travail conjugué des deux canadiennes le vent faisant bruisser les branches des arbres secs, le bruit des cailloux roulant sous les pieds, le son du sable mi-crissant mi-glissant entre les orteils, tout prend vie de manière extraordinaire, comme amplifié par cette acuité nouvelle qu’est celle de l’adolescence, de l’été aussi et de ces vacances que l’on voudrait voir éternelles et instantanées à la fois.

Ce fut un véritable plaisir à la fois pour les yeux et le coeur que de plonger dans cet été adolescent représenté par deux jeunes femmes au talent incroyable. J’ai été subjuguée par cette impressionnante alchimie qui s’opère entre le texte et l’image, l’un le reflet de l’autre et vice-et-versa, pour former une bande dessinée très agréable à lire.