mercredi 28 juin 2017

• Book Haul d’Occaz’ •





Il y a quelques jours je suis allée faire un tour en librairie, mais pas n’importe laquelle, une librairie d’occasion ! J’ai énormément de mal à faire confiance aux sites internet pour juger de la qualité des bouquins qu’ils ont entre les mains. Pour moi « bon état », « état neuf », ou « irréprochable » ça ne veut rien dire, ce sont des expressions subjectives. Pour tout vous dire c’était cependant la première fois que je rentrais dans ce genre de librairie. Et je ne suis pas déçue !


Sous la même étoile, de Dorit Rabinyan (mars 2017)



Tout commence par le froid glacial d’un hiver à New York et tout se termine sur le sable brûlant des plages de Jaffa.
Le hasard a fait se rencontrer et s’aimer une femme et un homme qui ne se seraient jamais adressé la parole dans d’autres circonstances. La femme, c’est Liat, une Israélienne dévorée par une nostalgie profonde de Tel Aviv. L’homme c’est Hilmi, un peintre palestinien originaire de Ramallah.
A New York, espace neutre hors du temps et de la politique, Liat et Hilmi décident de s’immerger, le temps d’un hiver, dans un amour impossible. Commence alors une vie commune dont la date d’expiration se rapproche chaque jour un peu plus. Dans cet univers clos qu’ils se sont créé, Liat et Hilmi ont décidé d’ignorer les à-côtés, les différences et les fissures. Mais la réalité finit toujours par s’imposer…

Un livre que je voulais lire depuis sa sortie et que je n’avais pas encore eu l’occasion d’acheter, je suis donc plus que ravie !


Là où tombe la pluie, Catherine Chanter (août 2015)


En quittant Londres pour la campagne, Ruth et son mari Mark Ardingly pensent pouvoir reconstruire leur vie à La Source, une propriété qui les séduit instantanément.
Le rêve est de courte durée : une sécheresse hors du commun s'abat sur le monde mais épargne mystérieusement leur terre qui reste fertile et luxuriante.
Le couple doit affronter la jalousie de ses voisins agriculteurs, l'intrusion du gouvernement et surtout le fanatisme d'une secte, La Rose de Jéricho.
Ses membres s'insinuent dans la vie de Ruth et Mark, de leur fille, Angie, et de leur petit-fils, Lucien. Les relations s'enveniment entre les habitants de La Source ; la tension monte et culmine en un crime odieux.
Accusée de meurtre, Ruth est assignée à résidence. Seule dans cette enclave, elle entreprend de reconstruire le puzzle de la tragédie qui a détruit son mariage et sa famille, et se décide à affronter ses plus grandes peurs pour comprendre ce qu'il s'est vraiment passé cette nuit-là à La Source.

Attirée d’abord par la couverture j’ai été bien vite séduite par un résumé qui dénonce tension et un huit clos plutôt sympathique avec une dose d’irréalisme. Tout ce que j’aime !


La vie ne danse qu’un instant, Theresa Révay


Rome, 1936. Alice Clifford, la correspondante du New York Herald Tribune, assiste au triomphe de Mussolini après sa conquête de l’Abyssinie. Sa liaison avec Don Umberto Ludovici, un diplomate proche du pouvoir fasciste, marié et père de famille, ne l’aveugle pas. Son goût pour la liberté l’empêche de succomber aux sirènes des dictatures.
La guerre menace, les masques vont tomber. Alice découvre les conspirations qui bruissent dans les couloirs feutrés du Vatican et les rues ensanglantées de Berlin. Son attirance pour un journaliste allemand au passé trouble révèle les fêlures de son passé. Si l’aventurière ne renie jamais ses convictions de femme moderne, toute liberté a un prix. Jusqu’où ira-t-elle pour demeurer fidèle à elle-même ?

Ce roman s’est vu décerner le prix Simone Veil 2017, un dont on parle peu mais qui récompense essai comme roman ayant comme intérêt de suivre le destin d’une femme marquante, engagée ou non dans son époque. Sorti en avril, j’attends qu’il me sorte un peu de mes littératures de l’imaginaire pour m’ancrer dans la réalité avec une héroïne forte.


Ewyt ou la nuit de ma disparition, Olivier Saison



Ewyt Fauré a 11 ans. Il vit avec sa famille dans une grande demeure du Sud de la France, entouré des femmes qui prennent soin de la maison, de sa petite sœur Mathilde et de sa mère, aveugle par intermittence. Réservé, il passe une grande part de son temps dans la bibliothèque, aux côtés de son précepteur ainsi que pour élaborer des plaisanteries, dans l’esprit des carabins… Timoré, il n’a de cesse d’en apprendre davantage sur la sensibilité de la gent féminine, ce qu’il s’efforce de faire auprès des domestiques de la maison.
Par une nuit d’orage, il disparaît subitement.
Tandis qu’il est donné pour mort, sa famille quitte la France pour s’installer aux États-Unis et monter un parc d’attractions. 20 ans plus tard, sa sœur traverse l’océan pour se lancer à sa recherche, en secret. Rassemblant images et souvenirs, elle mène une enquête de terrain, déterminée à retrouver des indices liés à cette disparition à laquelle elle ne croit qu’à moitié.
Ce qui lui donne l’occasion de s’interroger sur son propre parcours, et de (re)croiser nombre de personnages hauts en couleurs. Ceci jusqu’à ce que les faits lui donnent raison, qu’Ewyt réapparaisse et qu’elle ne disparaisse à son tour…

Un roman qui promet plein de mystère et une couverture colorée et graphique qui m’a tout de suite tapé dans l’oeil. Et surtout, et ça ne gâche rien, la découverte d’une petite maison d’édition indépendante.


Intemporia, Le sceau de la reine, Claire-Lise Marguier


Les Ombres blanches l'avaient prédit. Leur annoncement était clair : une enfant viendrait au monde, tuerait le roi Arden, s'emparerait de son trône et asservirait son royaume. Cette enfant aurait dû mourir... le destin en fit une reine, la reine Yélana. Assoiffée de pouvoir, elle va assujettir le peuple par la force et bientôt s'en prendre à la paisible communauté de la Plaine.
Seul Yoran, jeune chasseur, va lui tenir tête et se lancer dans une quête dangereuse qui le changera à jamais.

A force vous me connaissez je suis tout de même aller faire un petit tour au rayon jeunesse/young adult pour dénicher quelques perles. Et c’est sur celle-ci que je suis tombée. Affaire à suivre…



Et voilà s’en est fini de mon p’tit Book Haul d’Occaz’ et j’en suis bien contente. Pour une modique somme j’ai pu trouver des romans très intéressants voire qui faisaient parti de ma wishlist ! Ayant une préférence pour le papier neuf tout juste sorti de l’imprimante je peux néanmoins dire que mon porte-monnaie, lui, était ravi de cette petite pause !

vendredi 23 juin 2017

Le second roman de ma saga fantasy coup de coeur : Kushiel de Jacqueline Carey


Kushiel tome 2, L’Élue, de Jacqueline Carey



Second roman d’une trilogie à couper le souffle je vais aujourd’hui vous parler d’une des séries fantasy qui a littéralement marqué la vision que j’avais de ce genre de l’imaginaire. Lorsque j’ai acheté le tome 2 d’Imriel il y a quelques jours, la seconde trilogie, je me suis dit qu’il était impératif que je vous parle de nouveau de cette saga avec son deuxième tome, le premier ayant déjà été chroniqué.

Phèdre nó Delaunay porte la marque de Kushiel, qui lui vaut d’éprouver à jamais le plaisir dans la souffrance. Devenue la plus convoitée des courtisanes, ainsi qu’une espionne exceptionnelle, elle a dû tout sacrifier pour sauver sa patrie d’une sombre conspiration.
Aujoud’hui, les poètes chantent ses exploits, mais les dieux n’en ont pas fini avec elle… Car si le peuple d’Angelin aime sa jeune reine, d’autres ne pensent qu’à lui ravir sa couronne. Et les comploteurs qui ont échappé au courroux des puissants sont avides de vengeance.

Lorsque son fameux manteau sangoire revint, porté depuis La Serenessima, Phèdre ne doute pas un seul instant : c’est le premier indice d’une longue série qui la conduira à Mélisande Shahrizai, la femme à la beauté la plus admirée de Terre d’Anger, ennemie public numéro 1 depuis qu’elle a comploté avec les skaldiques, ce peuple barbare, pour conquérir le trône d’Ysandre de la Courcel.
Elle ne doute pas, pas plus qu’elle n’hésite à se remettre au service de Naamah, pour glaner la plus petite parcelle d’informations, contrariant par la même son Cassilin.
Rien ne semble l’arrêter dans sa quête, pas même l’amour qui brise son coeur un peu plus chaque jour. Peu de temps après, la voilà en route pour La Serenissima où l’attendent bien des complots, des traîtrises et des secrets à cette petite Cour semblable à un nid de vipères crachant son venin. Elle y découvrira des alliés inattendus dans les moments les plus incertains et y retrouvera son ennemie là où elle s’y attendra le moins.

Dans ce second tome l’auteure a choisi d’accentuer les deux points forts de son roman : l’aventure, et les cultures étrangères. Ainsi nous suivrons Phèdre aussi bien dans une prison dont nul n’a jamais pu s’échapper, sur un bateau de pirates dont le chef est marqué d’une malédiction de sang, auprès d’un seigneur fantasque et frivole ou encore dans les méandres de la politique locale. Par la même, nous en apprendrons encore davantage sur la théologie et les cultures qui constituent le ciment de cet ouvrage aussi bien que sa géographie.
La plume de l’auteure, n’oublions surtout pas cette dernière, m’a littéralement transportée, tantôt me ballottant entre tourment et joie, désespoir et euphorie… Fine, précise, allégeant ses phrases ampoulées de non-dits et de réflexions pertinentes… Jacqueline Carey (et sa traductrice) nous emportent avec grâce et amour.

« Aime comme tu l’entends » par Elua le Béni… un concept à méditer ?


Résumé : un second roman qui, s’il n’égale pas le premier qui avait été un véritable coup de coeur, en est une suite attirante qui m’a laissée sur une fin assez frustrante.. vous comprendrez si vous le lisez ! 

jeudi 15 juin 2017

[DOSSIER] : Le voyage dans le temps


[DOSSIER] : Le voyage dans le temps




Cette semaine ce n’est non pas une chronique mais un dossier complet que je vous offre avec Gaël, un ami qui m’a aidée à concevoir l’ensemble et qui a notamment rédigé l’article sur le voyage dans le temps. Théories, mécaniques et autres petits points scientifiques c’est à lui qu’il faudra poser des questions ! ;)
Quant à moi je vous réserve deux chroniques, une sur Passenger un roman Young Adult d’Alexandra Bracken et une autre sur Continuum la série de Simon Barry.

L’article sera long voici donc un petit sommaire pour vous y retrouver :


1) Le voyage dans le temps : ce qu’en dit la science  

2) Passengers, d’Alexandra Bracken

3) Continuum, de Simon Barry



Avant de vous laisser lire la suite, j’aimerais beaucoup que vous me laissiez en commentaire toutes les théories farfelues sur le voyage dans le temps qui vous viendraient à l’esprit, celles que vous préféraient mais aussi les œuvres que vous avez vues ou lues et qui utilisent le voyage dans le temps : Retour vers le futur, Harry Potter, 12 Monkeys, Doctor Who, etc.

1) Voyages dans le temps : ce qu’en dit la Science


On a tous déjà entendu parler des voyages dans le temps, que ce soit dans Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban où Harry, Ron et Hermione utilisent un retourneur de temps pour sauver Sirius Black, dans les mythiques Retour vers le futur où une DeLorean permet de changer d’époque, ou plus récemment avec Interstellar dans lequel un voyage dans le champ gravitationnel d’un trou noir coûte 23 ans aux astronautes. Mais que dit la Science de tous ces voyages dans le temps ? Ne défient-ils pas trop les lois de l’Univers pour être possibles ? Tentons donc de répondre à ces questions en douceur, c’est promis ;-)


« Accroche-toi Marty, c’est parti ! »

La relativité générale, la base du voyage dans le temps


Quand on parle de voyage dans le temps, on parle en fait de deux types de voyages : les voyages dans le sens direct, c’est-à-dire du présent vers futur, et les voyages dans le sens rétrograde, c’est-à-dire du présent vers le passé. Vous allez d’ailleurs rapidement vous rendre compte que cette différence de sens n’est pas forcément si importante que ça, et que plusieurs théories permettent d’aller dans un sens comme dans l’autre.

Mais avant de pouvoir parler de machines à voyager dans le temps à proprement parlé, il y a un sujet que l’on va devoir aborder : la théorie de la relativité générale. Pas question ici de parler de tenseurs, d’ondes gravitationnelles ou de référentiels (après tout on est sur un blog littéraire, pas scientifique), je vais simplement présenter quelques notions simples qui nous servirons plus tard.

La théorie de la relativité générale est une théorie rédigée par Einstein au début du XXème siècle. Elle propose plusieurs idées, mais nous n’allons nous intéresser qu’à deux d'entre elles, les plus importantes selon moi.

La première idée importante est que notre Univers est un univers à quatre dimensions : notre espace en trois dimensions, ET le temps qui s’écoule. Ainsi, tout « objet » est défini par quatre coordonnées : les trois coordonnées spatiales x,y,z et la coordonnée temporelle (tel jour, telle heure, telle année). Ces quatre dimensions correspondent à ce qu’on appelle l’espace-temps.
La deuxième idée principale est que les objets dont la masse est très importante (je ne parle pas du poids d’une vache mais de celui du Soleil par exemple) courbent l’espace-temps : c’est la gravité. Pour mieux comprendre de quoi on parle, imaginons un drap tendu à ses extrémités sur lequel on place une boule de pétanque. A l’endroit où l’on place la boule de pétanque, le drap se courbe. Si nous plaçons une bille un peu plus loin sur le drap, celle-ci sera attirée vers la boule de pétanque à cause de la courbure du drap. C’est exactement ce qu’il se passe entre le Soleil et la Terre, à quelques détails près : grâce à la vitesse de la Terre, celle-ci arrive à tourner autour du Soleil sans trop s’approcher, et notre drap n’est qu’un espace à deux dimensions contrairement à l’espace-temps qui possède quatre dimensions.


Et nous on vit sur la petite bille…

Alors, vous avez survécu ? Si c’est le cas, le plus dur est fait ! Maintenant, on peut commencer à fabriquer une machine à voyager dans le temps !

Pour fabriquer votre machine à voyager dans le temps, il vous faut…


Voyager vers le futur

Maintenant que nous avons vu ce que la théorie de la relativité générale dit, voyons comment voyager dans le temps.

En ce qui concerne le voyage vers le futur, le moyen le plus « simple » est de se placer dans le champ gravitationnel d’un objet très très très lourd. Comme nous l’avons vu juste avant, un objet très lourd courbe l’espace-temps. D’un point de vue temporel, cela signifie que le temps ne s’écoule plus de la même manière : en s’approchant de la courbure de l’espace-temps causée par cet objet, le temps s’écoule plus lentement. Prenons un exemple : imaginons que vous ayez un jumeau, et qu’alors que vous décidez de passer une journée en orbite autour d’un trou noir (un objet céleste dont la densité est très importante et qui courbe donc beaucoup l’espace-temps) il reste sur Terre. A votre retour une journée se sera écoulée, mais pour lui ce seront des années qui se seront écoulées. Conclusion : vous aurez, par rapport à votre jumeau, avancé dans le temps et donc voyagé dans le futur !
Cette situation, c’est celle vécue par Cooper et une partie de son équipage dans Interstellar, lorsqu’ils se rendent sur la planète Miller qui gravite autour de Gargantua, un trou noir.

« - On a quand même une jolie vue, tu ne trouves pas chéri ?



Oui enfin on n’est pas venu là pour faire du tourisme, je te rappelle que chaque heure passée ici correspond à sept années terrestres ! » (Image : Interstellar)

Pour aller dans le futur, il « suffit » donc de trouver un objet très très très massif, comme un trou noir. Mais pour voyager dans le passé, la situation se complique un peu comme nous allons maintenant le voir.

Pour voyager vers le passé, utilisez un trou de ver !

Notre machine à voyager dans le temps pourrait s’appuyer sur un trou de ver. Oui, mais qu’est-ce que c’est un trou de ver au juste ? Et bien, selon la relativité générale, il pourrait (notez le conditionnel) exister des structures qui relient deux trous noirs : les trous de ver. Ces trous de ver permettraient donc de voyager très rapidement sur de très longues distances, voire dans le temps. En théorie, ces trous de ver peuvent être fabriqués, mais les technologies et les matériaux nécessaires à leur construction sont pour l’instant inconnus.

Pour voyager dans le temps grâce à un trou de ver il faudrait réaliser une différence temporelle entre les deux extrémités de ce trou de ver. Pour cela, il faudrait accélérer l’une des extrémités, car d’après la relativité restreinte (je vous passe les détails) plus un objet est accéléré et moins le temps s’écoule par rapport à ce qui l’entoure (à la vitesse de la lumière, le temps cesse de s’écouler). Prenons un exemple : on accélère, en 2017, une extrémité d’un trou de ver à la vitesse de la lumière, ce qui « fige » le temps de ce côté du trou de ver. Ainsi, en rentrant par l’extrémité stationnaire en 2050, à la sortie du trou de ver, nous sommes toujours en 2017 : nous avons donc remonté le temps !

De plus, si en 2017 on s’installe dans le vaisseau spatial qui accélère une des extrémités du trou de ver, que l’on attend un peu (notion d’ailleurs très étrange alors que le temps est figé…) et que l’on traverse le trou de ver, on arrivera… dans le futur !

Bon, ça y est ? On l’a notre machine à voyager dans le temps non ? Et bien, vous avez peut-être remarqué quelque chose dans son fonctionnement : en plus des défis techniques considérables (fabriquer un trou de ver, atteindre la vitesse de la lumière…), on ne peut pas revenir dans le temps avant l’accélération d’une des extrémités du trou de ver. Tout ceci étant déjà très théorique, on peut cependant imaginer que l’Homme du futur trouvera un moyen de contourner cette difficulté. Mais dans ce cas, ce n’est que le début des problèmes…

Le voyage dans le temps, un véritable casse-tête

Le principe de causalité et les paradoxes

Le voyage dans le temps pose aux sciences quelques problèmes. En effet, si nous pouvions voyager dans le temps, ça voudrait dire que nous pourrions aller dans le passé (jusque-là tout va bien) et par exemple tuer notre grand-père avant que notre père ou mère ne naisse. Dans ce cas, nous ne serions jamais nés, n’aurions jamais construits la machine à voyager et il serait donc impossible d’avoir tué notre grand-père dans le passé. Ce que souligne cet exemple connu est le principe de causalité : en physique, si un phénomène (la cause) produit un autre phénomène (l’effet), il est impossible que l’effet cause… la cause justement. Or, c’est précisément ce que fait une machine à voyager le temps (dans le cas des voyages dans le passé). La situation résultant de ce meurtre dans le passé est un paradoxe connu : le paradoxe du grand-père. Il existe de nombreuses variantes de ce paradoxe. Un moyen pour éviter ce paradoxe en voyageant dans le temps est donc de s’assurer de ne pas trop influer sur le cours du temps. Cette piste est d’ailleurs l’une des pistes privilégiées dans la littérature impliquant le voyage dans le temps (par exemple dans la série Time Riders, d’Alex Scarrow).

Il existe également un autre paradoxe, opposé à celui du grand-père, et appelé le paradoxe de l’écrivain, dans lequel un écrivain s’envoie un exemplaire du best seller qu’il a écrit mais dans le passé à l’aide d’une machine à remonter le temps. Dans le passé, il n’a alors plus qu’à recopier ce livre. Dans ce cas, personne n’a écrit le livre, il a simplement été recopié !

Les univers parallèles, la solution miracle

Ca y est, vous sentez poindre le mal de crâne ? Ne vous inquiétez-pas, on en a fini avec les paradoxes compliqués. Il existe une manière « simple » de résoudre tous ces problèmes : les univers parallèles. Dans ce cas, on considère que chaque décision que nous prenons dans le passé impacte irrémédiablement notre époque d’origine, et fait dévier l’Univers vers un nouveau plan de réalité, un univers parallèle. Ainsi, après avoir modifié le passé, deux versions de l’époque d’origine coexistent dans des univers parallèles : notre version originelle, et la version modifiée par notre action. Mais dans ce cas, il faudra vivre avec les conséquences de ces actes.

Ainsi, le voyage dans le temps présente de nombreuses difficultés techniques et pourrait bien être source de nombreux paradoxes. Le voyage dans le temps restera donc probablement cantonné aux films et à la littérature pour encore longtemps, mais est-ce vraiment une mauvaise chose ? Au moins, dans un livre si jamais le présent nous échappe il suffit de tourner la page suivante pour voir ce que nous réserve le futur… 




2) Passengers, d'Alexandra Bracken



Ça y est je suis rentrée dans ma phase Young Adult de slittératures de l’imaginaire ! Après La Lectrice de Traci Chee, c’est au tour de Passengers d’Alexandra Bracken de passer au microscope. Je tiens à préciser que les éditions Milan ont gardé la couverture anglaise qui était magnifique, excellent choix éditorial n’est ce pas ?

New York 2016
Londres 1940
Angkor 1685
Paris 1880
Damas 1599
Etta et Nicholas n'auraient jamais dû se rencontrer : elle, une jeune New-Yorkaise de 2016 ; lui, un fils d'esclave du 18ème siècle.
Pourtant les voilà projetés dans les couloirs du temps à la recherche d'un mystérieux astrolabe.
Une quête périlleuse. Une idylle impossible.

Comme dans bon nombre de romans Young Adult, attendez-vous à de la romance, mais pas que ! Bien qu’elle paraisse être le leitmotiv du second tome ce n’est pas le cas du premier où ce sont vraiment les liens familiaux qui priment (malgré ce que sous-entend le résumé).
Lors de sa première de violoniste, après des années d’entraînement, Etta perd les pédales. Un bourdonnement incessant la dérange, les notes trébuchent, la honte l’envahit. Les yeux encore remplis d’horreur de l’assassinat de sa tutrice, elle se fait poussée dans une étrange fenêtre et se réveille bercée par les mouvements d’un bateau. Pas le même endroit mais, surtout, pas la même époque.
Elle apprend ainsi qu’elle est une voyageuse, descendante des quelques rares lignées de voyageurs dans le monde contrôlées par Cyrus Boisdefer, un vieil homme odieux à qui rien ne semble pouvoir échapper.

Enfin, rien… sauf l’astrolabe ! Le mystérieux objet « volé » par sa mère qui serait capable de créer des portails temporels n’importe où pour aller n’importe quand. Pour sauver sa mère, la jeune fille doit jouer le tout pour le tout. Arrivera t-elle cependant à ourdir son plan et à tromper Cyrus… ? Rien n’est moins sûr ! Car si Nicholas semble être un parfait gentleman et l’aide dans ses recherches, la sauvant plus d’une fois du danger, il poursuit un tout autre but.
À travers les âges et les mœurs, Etta devra donc apprendre aussi bien le courage que la dignité, mais aussi les trames mystérieuses qui régissent ses liens familiaux…

Alexandra Bracken a pour moi réussi son pari du point de vue du voyage dans le temps. On ne pourra pas la piéger, tout est fait pour que le lecteur ne se dise pas « et si… ? ». Tout voyageur doit emprunter des passages préalablement crées ce qui limitent tout de même le nombre d’aller retour et le nombre de dates possibles. Ils tiennent également un journal pour éviter de se recroiser à une même époque, Alexandra ne s’étend pas sur la chose mais on devine qu’il se passerait une grosse catastrophe.

Je reste cependant un peu déçue par le manque de description des lieux visités, bien sûr le temps est court puisqu’elle n’a que quelques jours pour récupérer l’astrolabe et sauver sa mère et c’est sans doute cela qui a obligé l’auteure à ne pas s’étendre sur les lieux. J’aurais donc souhaité une quête plus longue, pour obtenir une écriture plus riche et plus aboutie. Mais n’oublions que c’est un roman Young Adult et pas de la science-fiction adulte ;)

De plus la fin reste surprenante et pose beaucoup de questions...mais chuuut je ne vous en dis pas plus !

En résumé : malgré un avis assez mitigé, c’est un voyage dans le temps maîtrisé, une histoire d’amour impossible et des personnages attachants que nous laissent entrevoir Alexandra Bracken.


3) Continuum de Simon Barry



J’ai découvert cette série un peu par hasard en me baladant sur la toile. Elle date déjà de 2012 pour les premiers épisodes et elle s’est terminée en 2015 après une quarantaine d’épisodes diffusés. Continuum est une série de science-fiction qui explore le voyage dans le temps mais qui est aussi une sacrée mise en garde militante contre un possible futur… qui pourrait être le nôtre !

En 2077, Kiera Cameron est un agent, envoyée par accident dans le passé. Elle tente d'appréhender les condamnés à mort qui se sont évadés dans ce même espace-temps. Coincée à Vancouver en 2012, elle ne peut plus rejoindre ni son mari ni son fils, restés en 2077.

Ce petit résumé de Wikipédia mérite d’être appronfondi mais l’idée est là. Kiera Cameron a été envoyée dans le passé pour une raison précise dont elle ignore tout. Un pion sur un grand échiquier joué par le PDG de SadTech, une entreprise de technologie de pointe. Lors de l’exécution des prisonniers connus pour terrorisme au sein de l’organisation de Liber8, une sphère temporelle est activée et envoie prisonniers comme membres du CPS dans le passé, une soixantaine d’année en arrière, du moins, pour certains d'entre eux.

Si le début de la série laisse craindre une énième série policière avec une enquête à chaque épisode, comme c’est le cas pour Izombie, on s’éloigne très vite de ce format pour se concentrer sur les personnages, leur passé et tout ce que cela signifie. Il est très compliqué de choisir son camp : celui des terroristes qui tuent des centaines de personnes dans l’espoir de changer un futur destructeur pour leurs familles ; ou bien celui de Kiera et de la police de Vancouver tentant tant bien que mal de protéger la population en se mettant au service du Système et non plus au service des citoyens… On peut donc y voir sans hésitation un propos politique très fort de la part du réalisateur associé à un scénario bien ficelé.
Il est très plaisant de voir les mentalités de chacun évoluer au fur et à mesure des échecs et des succès de chaque camp, surtout que personne n’est laissé à l’abandon ! Chaque personnage à un moment où à un autre voit son caractère s’approfondir et se révéler, principaux comme secondaires.
J'ai suivi avec beaucoup d’enthousiasme Kiera Cameron dans la quête à la fois de son futur, dans l’espoir de retrouver son fils, mais aussi sa quête de la vérité et la justice dans l’espoir de créer un monde meilleur pour ce même petit garçon.

Tout le long les scènes d’action, de suspense, d’émotion et d’enquête sont extrêmement bien dosées pouvant ainsi plaire au plus grand nombre.

Le petit + de cette série : la fin sans aucun doute, elle reste pour moi une des meilleures fins de séries télévisées parce qu’elle est réaliste, et ça, c’est souvent difficile à faire quand on crée une série de science-fiction.

En résumé : une série sympathique qui allie enquête policière, dénonciation politique et des personnages vraiment intéressants dans un continuum temps en perdition.


Et voilà nous en avons fini pour ce dossier ! Je vous le répète n'hésitez pas à argumenter ou à proposer des titres en commentaires ! :) 




lundi 5 juin 2017

Une irrésistible envie de savoir la suite !


La lectrice, de Traci Chee



La lectrice de Traci est le premier tome d’une trilogie qui s’annonce haute en couleur si on en croit la couverture ! En vérité je n’arrive toujours pas à faire le lien entre cette dernière et l’intrigue… Affaire à suivre.

Il était une fois et une fois il sera… Ainsi commence l’histoire de Sefia, qui a perdu sa mère, son père, puis sa tante Nin à cause d’un étrange objet rectangulaire. Ceci est un livre. Dans un monde où personne ne sait lire, Sefia va devoir poursuivre une triple quête de sens, de vérité et de vengeance. Épaulée par un mystérieux allié qui possède ses propres secrets, elle va sillonner jungles et mers, au grès de ces histoires qui font l’Histoire avec un grand H…

Lorsque le père de Sefia meurt assassiné sous la torture devant la jeune fille celle-ci se retrouve obligée de fuir en compagnie de Nin, la mystérieuse forgeronne surnommée la « Serrurière ». Des années plus tard, endurcie par les fuites, la chasse et les nuits à la belle étoile, c’est au tour de sa tante de se faire enlever sous ses yeux pour protéger un rectangle de cuir et de papier.
Bien décidée à comprendre ce qu’il représente et à se venger de ses ennemis, la jeune fille se lance à corps perdu sur leur trace. Animée par un jihad personnel dont rien ni personne ne pourra la détourner, elle commence petit à petit à décrypter l’ouvrage et à améliorer sa « Vision », ce fameux don qui lui permet de « lire » les gens.
Rapidement rejointe par un jeune homme muet et secret qu’elle libère des estampeurs, sauvage, brisé et impitoyable, Sefia se rapproche de son but.

Sans trop vous en révéler, parce que l’intrigue est vraiment bien ficelée et qu’elle est bourrée de tiroirs, de secrets et de révélations je vais m’attarder un peu plus sur l’écriture et les personnages.
Au fil de ma lecture j’ai quelques fois eu du mal à avancer. Le personnage de Sefia me paraissait un peu « surfait », trop souvent en train de se plaindre, trop souvent en train de se chercher des excuses. Cependant comment la blâmer ? Après quelques pages, une centaine environ mon point de vue a commencé à changer tant l’évolution de ce personnage m’a charmée : elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, mais elle sait aussi faire preuve d’intelligence et de persuasion. C’est finalement une femme forte qui se révèle.
Archer quant à lui est un personnage à part entière. Au départ je ne pouvais que le voir comme un petit garçon perdu, seul, un peu comme Roger dans A la Croisée des Mondes qui n’attend que son amie Lyra pour venir le sauver. D’ailleurs la ressemblance entre les « estampeurs » et les « enfourneurs » est assez frappante puisqu’ils capturent des enfants pour, en quelque sorte, les torturer, les rendre meilleurs. Son côté sauvage prend ensuite le dessus pour à nouveau s’adoucir au contact de Sefia.

(Hum… Vous sentez venir l’histoire d’amour ? Moi aussi… pourvu que ça ne prenne pas trop de place sur les tomes suivants!)

La référence à A la croisée des mondes n’est pas la seule chose que j’ai pu relever dans ce roman. De manière générale on pourrait sans aucun doute le comparer à Six of Crows pour la manière dont l’univers décalé est tout de suite mis en place et l’évolution rapide des personnages. Mais il y a également celle faite à Sinbad et la légende des sept mers. Je ne connais que le film d’animation mais toujours est-il que le pirate est accusé d’avoir volé le livre de la paix (le fameux Livre de Sefia est considéré par certains comme étant le symbole de la paix à venir) et durant ses aventures il se retrouve sur le dos d’une immense tortue marine qui manque de l’importer lui et son équipage (vous comprendrez en ayant lu le livre ;) ).
On peut aussi s’interroger sur sa manière de « lire » les gens, serait-ce une référence à La Passe-miroir ?
Enfin, tout cela n’est que pure spéculation.


En résumé
Ce livre est un chef d’oeuvre scénaristique : on sent, non, plutôt on sait que des dizaines des trames sont superposées les unes aux autres et que Sefia et son fameux livre mais aussi Archer sont en plein milieu. La lecture de ce roman me pose plus de questions que ne m’a apporté de réponses… dans ces cas là on demande la suite n’est ce pas ?

jeudi 1 juin 2017

Premier coup de coeur du mois de Juin pour Coeur-Naufrage


Coeur-Naufrage, de Delphine Bartholon



Coeur-Naufrage, paru début 2017 aux éditions JC Lattès, est le premier roman que je lis de l’auteure bien qu’en ayant entendu le plus grand bien. Le résumé, intriguant, et l’image, sorte de souvenir un peu perdu dans un passé flou m’ont tout de suite plu. Mais je dois dire que c’est surtout le titre, Coeur-Naufrage, et la citation « toute ma vie j’ai fait diversion » qui m’ont décidée à l’acheter, trouvant comme un écho à l'intérieur de moi, une peur aussi, peut-être.

À bientôt trente-quatre ans, Lyla est tenaillée par le sentiment de passer à côté de l’existence. Elle enchaîne les fiascos amoureux, accumule les névroses et attend, sans trop savoir quoi. Jusqu’au jour où un étrange message la ramène dix-sept ans en arrière. Cet été-là, sur la côte basque, tout allait basculer…

Il y a des livres qui sont comme des rencontres. On les lit, on les referme et il y a encore des mots qui résonnent à l’intérieur de vous, comme des avertissements, comme des coups de poing, comme des souvenirs qui remontent. C’est un peu l’effet que m’a fait Coeur-Naufrage.
Bien sûr j’avais été préparée, on m’avait dit que ce livre c’était comme une avalanche, comme un cri, mais je voulais surtout me faire mon propre avis.

« Lyla avec un y » est au cours du roman à la fois une femme qu’un passé a brisée et qu’elle cherche à fuir le plus possible, à faire « diversion », et une adolescente de 16 ans qui rêve de sortir de l’ombre de sa mère, de briller un peu plus fort.
Sur la plage, un été, elle rencontre Joris, le « taiseux », dont les bras sont nervurés de cicatrices, dont les yeux sont emprunts d’une amertume déjà ancienne.
Tous les deux des enfants qui voudraient sans doute juste être aimés un peu plus. Braver l’interdit. Sentir un goût de liberté. Fuir leurs parents qu’ils ont appris à mépriser.
Ils tombent amoureux, l’amour de jeunesse bien sûr, celui qui vous donne des crampes à l’estomac, qui vous brouille les yeux de larmes inutiles et qui vous fait découvrir l’univers tout entier. Mais l’amour a des conséquences. Le manque d’amour aussi. Un jour d’éclipse un enfant naît sous X, « nuit dans le jour ».

18 ans plus tard ils ont tous les deux refait leur vie. Lyla est devenue traductrice et se perd dans les mots des autres, refusant de dévoiler une partie de son secret même pas à Zoé, sa meilleure amie. Joris est marié et père d’une petite fille Violette qu’il tente d’élever correctement avec la peur de n’être pas un bon père. Un jour tout bascule quand Joris retrouve une lettre envoyée par Lyla.
Les deux jeunes gens, rattrapés par leur passé, vont devoir apprendre à se faire de nouveau confiance et à guérir de leurs blessures que le temps n’a pas su cicatriser. À avancer, enfin, dans un monde qui n’attend plus qu’eux.

C’est difficile de parler d’un livre qui est tout en nuances, en attente, comme suspendu dans le temps. Difficile de parler de l’effet qu’il m’a fait, addictif, puissant, vrai. Chaque page respire la vérité comme on la pense, comme on la vit, respire le sable chaud et la mer salée. Chaque page te donne envie de lire la suivante, puis la dizaine qui suit, puis la centaine et la fin arrive avec justesse et délicatesse. Je l’ai refermé avec la certitude que d’autres personnes dans le monde avait dû vivre cette histoire peut-être même que certaines d’entre elles la vivaient en ce moment même.


Résumé : Des mots coups de poings qui vous empoignent, vous caressent et vous réparent.
Une justesse incomparable.
Une délicatesse remarquable.