jeudi 20 avril 2017

Le mois de la fantasy #1


Mais ce livre, là, il est fantasy ou fantastique ?


Le mois de la fantasy, initié par Pikiti Bouquine, Bootubeuse de son état, sur Facebook a pris une ampleur considérable quand trois cent personnes s’y sont inscrites par recommandations, ouï dires et autres commérages. Il consiste en la lecture d'un genre unique, la littérature fantasy, pendant un mois du 1 au 31 mai.
Petit à petit les questions ont commencé à fuser : comment définit-on le genre « fantasy » ? Comment le différencier des autres genres : fantastique, science-fiction, dystopies, anticipation ? Comment différencier ses sous-genres : héroic fantasy, dark fantasy, fantasy historique etc. ? Autant de questions que se posaient les internautes jour après jour, et où chacun tentait de donner une définition, de corriger des PàL par ci par là, donner des centaines d'exemples non exhaustifs etc.
J’ai décidé, étant donné que je fais tout de même une catégorie à part entière sur ce blog consacré à la littérature de l’imaginaire qu’il était grand temps pour moi d’expliquer comment je classe mes romans et pourquoi, apportant donc ma pierre à un édifice déjà bien construit.

Quelles sont les caractéristiques que l’on rencontre le plus souvent dans le genre fantasy ?
Je cite ici un personnage tout à fait singulier, mon père : « s’il y a des dragons, des nains, des géants et des elfes pour moi c’est de la fantasy ». Ah, notre cher Tolkien n’y est sans doute pas pour rien puisqu’il a marqué à lui seul des générations entières, films et romans compris. Mais que faites-vous d’Harry Potter ? Des créatures surnaturelles aussi s’y mêlent semant bien souvent la zizanie si on se réfère aux Créatures Fantastiques, dernier box office de la saga culte. Elles ne sont donc pas, à elles seules, des clés pour déchiffrer le monde complexe de la Fantasy.
Finalement la caractéristique principale et peut-être l’unique caractéristique à laquelle se référer ce serait le changement d’univers. Théologies, cartes, créatures, peuples, histoires, tout change pour laisser place à une terre fertile en imagination et légende. Attention, l’ensemble de l’intrigue doit s’y dérouler aussi ne comptez pas La quête d’Ewilan ou la bit-lit comme faisant partie du genre Fantasy !

Fantastique & Fantasy les faux amis de la littérature de l’imaginaire
Et oui, ces deux genres sont souvent les plus confondus, en démontre le nombre incalculable de Piles à Lire qui arboraient fièrement un premier tome des Outrepasseurs, de La quête d’Ewilan ou d’Outlander, des séries appartenant au genre fantastique, fort bien soit dit en passant et que je ne tarderai certainement pas à chroniquer.
Comme je le disais plus haut la grande différence tient en une seule chose : l’univers mais vous allez voir que cela est contestable quand on rentre un peu plus en profondeur dans la littérature fantasy.
Dans le genre fantastique, l’histoire se déroule ou commence sur Terre, une Terre que nous connaissons ou très peu éloignée de la réalité. A cet univers connu vient s’ajouter des éléments surnaturels : un pas sur le côté emportant le personnage principal dans un monde parallèle dans La quête d’Ewilan, des sorciers qui se cachent parmi la population pour Harry Potter ou encore un déplacement temporel dans Outlander ; pour reprendre des exemples déjà utilisés. Au fur et à mesure d’un récit, il est possible que le roman se rapproche du genre Fantasy puisqu’il ne se passe plus que dans l’iréel mais ce ne sera pourtant pas le cas : il restera un roman à classer en fantastique.

Les sous-genres de la fantasy : ou comment briser des règles déjà établies et prendre la tête à des lecteurs voulant faire un challenge spécial Fantasy.
Le genre de la fantasy comprend plusieurs sous genres, je n’en citerai ici que quelques uns mais il en existe sans doute beaucoup d’autres.

Tout d’abord « l’héroic fantasy » et la « dark fantasy » qui parfois, entre eux, sont difficiles à cerner.
Le premier reprend des critères de chevalerie : une quête, des « chevaliers en armure », des valeurs telles que la bravoure et la loyauté, ils sont directement inspirés des récits de chevalerie et des légendes arthuriennes mais transposés dans un autre monde. On peut sans aucun doute placer les romans de David Eddings (Trilogie des Joyaux, Trilogie des Périls) dans cette catégorie. L’héroic fantasy est également un genre solitaire ou à groupe réduit de deux ou trois personnes où les personnages secondaires sont peu ou pas décrits n’étant là que pour faire avancer l’histoire ou créer des intrigues supplémentaires. Dans la Trilogie des Joyaux, Emouchet est clairement le personnage principal, les scènes qui se succèdent sont en grande majorité « tournées » si je puis dire avec lui.

Le second genre, « dark fantasy », s’il peut reprendre le premier est surtout beaucoup plus sombre, sauvage, brutal. On a souvent affaire à des personnages torturés ou dont l’esprit est singulièrement mauvais bien que le récit s’acharnera à nous prouver le contraire. Leur monde est souvent apocalyptique ou au bord de la destructions et les scènes de bataille y sont beaucoup plus présentes et sanglantes ; Le trône de fer de George RR. Martin en est un exemple parfait ! La fin finit rarement bien dans la dark fantasy, à voir ce que nous réserve l’auteur donc…
En opposition existe le sous-genre « light fantasy » qui contrecarre l’aspect sombre de la dark fantasy avec des situations comiques ou absurdes visant à faire rire le lecteur ; Terry Pratchett en est le maître incontesté avec Les Annales du Disque-Monde mais on peut aussi compter Lanfeust de Troy (la bande dessinée) de Christophe Arleston et Didier Tarquin.

Le troisième, la fantasy historique, est le plus compliqué à suivre et la vraie question est sans doute : mais pourquoi l’avoir appelé fantasy historique ?
Mais puisque tel est son nom autant l’identifier bien clairement et pourquoi pas lui chercher quelques excuses.
Le genre se caractérise par une reprise des éléments historiques telles que des guerres, des époques, souvent antérieures (sinon ils seraient nommé romans d’anticipation, de science-fiction voire des dystopies) avec une reprise du style et du phrasé d’une époque : Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel, chroniqué récemment répond bien à ses caractéristiques avec un univers ancré au temps de Richelieu, des phrases ampoulées et un style « cape et d’épée » tout particulier. Vous allez me dire : mais pourquoi est ce une littérature de l’imaginaire dans ce cas ? J’y viens !
La Fantasy historique agrémente nos propres histoires, pas si lointaines pour certaines avec des éléments surnaturels : dragons viennent ponctuer les romans de Pevel par exemple.
Seconde question, beaucoup plus intéressante et beaucoup plus complexe : dans ce cas pourquoi n’est-ce-pas du fantastique ?
Et bien… Je ne sais pas. C’est une question que je me suis moi-même posée à plusieurs reprises et ma seule réponse est : sans doute parce qu’on pourrait considérer ces « Terre » avec leur « HistoireBis » comme des mondes parallèles mais je comprends hélas que cela ne comble pas votre insatiable curiosité, ni la mienne !

N’ayant jamais lu de Fantasy Urbaine (à ma connaissance ou tout du moins clairement identifiée comme telle) je ne me risquerai pas à vous en donner une définition. D’ailleurs celles que j’ai faites auparavant ne sont pas exhaustives et relèvent plus de mon expérience avec les romans plutôt que d’une réelle recherche sur la toile !

Je pense qu’il faut aussi savoir accepter que tel ou tel roman ne puisse pas être classé et que c’est aussi ça qui fait son charme.

Je reprends également une définition bien sympathique de Sarah Penaranda, postée sur la page Facebook du groupe et qui est plutôt très proche de la réalité :

« On rentre à la maison. Si le chat miaule pour avoir à manger, on est dans du contemporain. Si le chat est un robot, c'est de la SF. Si le chat parle et qu'on est surpris, c'est du Fantastique. Si le chat nous raconte sa journée et qu'on n'est pas étonné c'est de la Fantasy »

2 commentaires:

  1. Bonjour, alors pour moi Les larmes du Cardinal sont de la fantasy parce que les dragons (créatures fantastiques effectivement) sont pleinement acceptés dans la population, et connus de tous, même si craints et redoutés. Et historique car contexte historique (Louis XIII) très développé. L'histoire ne se situe qu'à cette époque là. Avec une influence Alexandre Dumas façon 3 mousquetaires. Voilà. Billet intéressant en tout cas. Merci.

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    1. Oui tout à fait, c'était le seul exemple de fantasy historique que j'avais en tête puisque c'était le seul que j'ai lu et comme je m'étais également posé cette question "fantasy/fantastique" il me semblait propice à ce questionnement.
      De plus contrairement il me semble que Pierre Pevel joue énormément sur cette ambivalence justement avec le phrase, l'époque, la façon d'écrire d'Alexandre Dumas ce qui rend la chose encore plus étrange !
      Je te remercie de ton commentaire ;)

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