dimanche 6 novembre 2016

Un coup de coeur qui m’a complètement envoûtée, simple, mais d’une telle complexité et d’une telle profondeur à la fois !




Aristote et Dante découvrent les secrets de l’Univers, de Benjamin Alire Sáenz





Ce roman est l’un des seul traduit en français avec « La Maison de l’oubli » écrit par Benjamin Alire Saenz, et quelle plume ! Auteur mexico-américain, il est le premier écrivain à obtenir le PEN/Faulkner Award, un prix très prestigieux aux USA.

Ari, 15 ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, qui apprend peu à peu à accepter son homosexualité naissante. Ils n’ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais.
C’est donc l’un avec l’autre, et l’un pour l’autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l’univers.

Avant de continuer cette chronique, je tiens à préciser que cette lecture m’a permis de remporter quelques points du défiPKJ ! 2, 3, 9, 10, 11, 12, 20, 25, 26, 29 et 30.

Sur ma page Facebook je vous publiais il y a quelques jours, à peine sortie de ma lecture, mon avis sur le vif : enthousiasme, sourires et larmes étaient alors au rendez-vous. Plusieurs soirées et quelques pages de romans plus tard, l’émotion vive reste encore très présente ! Et je sais ne pas être la seule. En effet il a fait grand bruit en France et aux USA, un véritable succès amplement mérité.

Une fois commencé, vous ne pourrez plus le lâcher. Vous voilà prévenus, alors écoutez mon conseil : mettez-vous sous une couette bien douillette, allumez une bougie, posez à côté de vous cookies/thé/café, n’oubliez pas vos petits mouchoirs et préparez-vous pour une soirée bouleversante.
L’écriture sensationnelle, les personnages, leur amitié, tout vous fera plonger entre les pages du roman.

Ari et Dante ont tout les deux 15 ans. L’âge où l’on s’interroge sur le sens même de la vie, sur son but, sur l’amour, le désir, la mort, la vie, les étoiles dans le ciel et sur ce que cela ferait de danser nus sous la pluie. Chacun en dehors de son temps à sa manière, ils vont vite nouer une amitié hors du commun au grès de romans, échanges, et non-dits. Benjamin Alire Sáenz réussit à donner une profondeur inouïe à ses personnages ce que peu d’écrivains jeunesse arrivent à faire. La colère d’Ari, son incompréhension face aux silences des adultes et à leurs cauchemars, nous fait repenser sans doute à notre propre adolescence sous le regard parfois plein d’incompréhension des parents, voire même des camarades de classe. Dante apparaît alors comme le contre-poids de sa colère, douceur, naïveté et sensibilité sont les maîtres mots de ce personnage énigmatique qui apparaît comme une lumière pour Ari.
Se sauvant l’un l’autre au sens propre comme au figuré, ils se lèveront sans relâche contre les injustices, à la recherche de leur propre identité.

J’ai été touchée par leur amitié, profonde et sincère et par les réflexions, parfois philosophiques ou juste révélatrices de son mal-être, du jeune Ari, je vous en cite quelques-uns qui comptent parmi mes préférées du roman :

« je voulais fermer les yeux et me laisser engloutir par le silence »
« Je parie qu’on trouve tous les mystères de l’univers dans la main de quelqu’un »
« Dante ressemblait à un ange, j’avais envie de lui mettre mon poing dans la gueule. Je ne supportais pas ma propre cruauté. »
« J’avais l’impression d’être le garçon le plus triste de l’univers. L’été était terminé. Et c’était la fin du monde ».

Je trouve qu’elles représentent parfaitement le débat intérieur d’Ari, on retrouvera ce genre de réflexions tout le long du roman, c’est ce qui en fait sans aucun doute son charme et sa justesse.
Il est très difficile de rendre justice à ce livre par les mots et il faudrait que vous le lisiez pour comprendre avec quelle précision l’auteur arrive à traiter d’un sujet aussi complexe et profond que l’adolescence, l’instant de tous les changements et des prises de conscience.


Le mot de la fin : Un roman touchant du début à la fin, des personnages profonds et tendres, et des phrases magnifiques. De l’amour et une compréhension exceptionnelle d’un passage pourtant difficile de l’enfance. 

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