lundi 31 octobre 2016

Le défi de Novembre de Pocket Jeunesse



Le défi de Novembre de Pocket Jeunesse





Je n’avais pas eu le temps d’essayer le défi précédent mais je compte bien me rattraper ce mois-ci en validant le plus de points ! Le but est de lire et encore de lire, de quoi plaire à une chroniqueuse littéraire non ? Mais vous aussi, faites-le, chroniqueurs, lecteurs, booktubeurs, releveurs de défi ! A vous de jouer !
Les règles/défis qui vont suivre sont issus du site de Pocket Jeunesse : https://www.pocketjeunesse.fr/actualites/defi-pkj-de-novembre/
En orange les mini défis que je compte bien remplir...le reste dépendra des livres eux-mêmes !

1) Terminer une trilogie.
2) Lire un roman où le héros/l'héroïne est au lycée.
3) Lire un livre PKJ.
4) Partager son avis sur un livre PKJ avec PKJ.
5) Lire un livre au format poche.
6) Lire un roman avec une alternance de plus de 2 points de vue.
7) Lire un livre dans lequel il y a un personnage français.
8) Parler du #défiPKJ sur les réseaux sociaux.
9) Deviner la fin d'un livre avant de l'avoir terminé.
10) Lire toute une soirée.
11) Lire un livre sorti avant 2016.
12) Trouver dans un livre une phrase/une expression (autre que le titre) qui est dans une langue différente de la langue de publication.
13) Une scène de votre livre se passe dans un sous-terrain/sous terre.
14) Lire un livre dont la couverture est en majorité noire.
15) Lire un livre avec une trahison.
16) Lire un livre avec une histoire de prophétie/de vision/de prédiction de l'avenir.
17) Le héros/l'héroïne de votre livre a un prénom qui commence par un V.
18) Lire un livre où le lieu de l'intrigue est important (l'histoire n'aurait pas pu se dérouler ailleurs).
19) Le traducteur du livre que vous lisez est un homme.
20) Lire un des plus anciens livres de votre PAL.
21) Lire un roman qui se passe en automne.
22) Lire un livre qui vous fait rire.
23) Lire un roman qui débute par un dialogue.
24) Lire un livre avec un cœur sur la couverture.
25) Lire un livre d'un auteur que vous n'avez jamais lu auparavant.
26) Le prénom de l'auteur que vous lisez fait 3 ou 8 lettres.
27) Débuter la lecture d'une série dont tous les tomes sont déjà parus.
28) Rencontrer dans votre lecture un(e) potentiel(le) book boyfriend/girlfriend.
29) Trouver dans votre lecture une citation qui vous plaît beaucoup.

30) Le héros/l'héroïne (pas un personnage secondaire) de votre lecture lit un livre.

mercredi 26 octobre 2016

La fenêtre de Dieu, une intrigue à tiroirs comme vous n’en avez jamais vue ! Suivi d’une interview avec l’auteur.



La fenêtre de Dieu de Cédric Blondelot




Un premier roman. On sait tous à quel point c’est important pour un auteur. Il faut trouver la perle rare, le scénario qui fera la différence, le petit truc pour attirer les lecteurs, le détail pour changer la donne. Et je pense que Cédric réussit très bien là où beaucoup échoue : il a trouvé le scénario le plus loufoque, le plus imprévisible, le plus sensationnel qui soit et le résumé en dit déjà long sur le cynisme hilarant de sa plume :

« De l’autre côté de l’Atlantique, à Chicago, une femme meurt dans l’incendie de son appartement.
Deux ans plus tard, le 31 juillet 1979, rue de Tolbiac, en plein Paris, un nouveau-né est abandonné dans un kiosque à journaux. Alors qu’il chiait sur Le Monde et pissait sur l’Humanité, un couple le trouva et l’adopta. Il fut appelé : Tolbiac Juillet.
Adulte, Tolbiac devient magicien. Ne lui demandez jamais de tour avec des colombes, il les déteste. Quant à son lapin, il n’en a plus. Il l’a bouffé la veille. Mais Tolbiac n’est pas seulement doué pour la prestidigitation, il est aussi un pickpocket de génie. Sa vie bascule tandis qu’il fume une cigarette dans les toilettes d’une piscine. Il n’en sortira jamais. Aspiré par la cuvette. Oui, aspiré !
C’est au prix d’un minutieux travail de recoupements, où les événements rentrent en résonance, que Tolbiac comprendra quel brûlant secret entoure son existence. »

Nous commençons cette lecture depuis un étrange point de vue, celui de Mirabelle, magnifique vache au pelage soyeux et à l’esprit acéré. C’est elle qui nous mènera vers notre mystérieux héros en passant par des personnages complètement tarés ; enfin, de son point de vue bien entendu. En effet, après s’être fait abattre d’un coup de fusil qui fit virer la neige immaculée au rouge, elle fut convertie en manteau, plus précisément en perfecto, et diverses personnes la portèrent, lui faisant vivre de folles aventures. D’ailleurs, ma seule déception de tout le roman fut de ne plus entendre la voix de Mirabelle à partir du moment où elle rejoignit les épaules de Tolbiac Juillet. Une petite pensée pour elle.

Notre magicien réunit une quantité invraisemblable de défauts qui le rendent plus charmant et captivant encore : cleptomane, menteur, manipulateur, légèrement égocentrique, narcissique… il est surtout, surtout, magicien. La magie. Les yeux qui pétillent, les lapins qui sortent des chapeaux, les oiseaux qui s’envolent, les rubans qui dégringolent des poches…ici, il n’en est pas question. Tolbiac a développé une autre forme d’art, et à élever le vol au rang de spectacle vivant. Un magicien aussi inclassable, un peu comme le roman, alors pourquoi cela nous étonnerait-il qu’il se fasse aspirer par la cuvette des toilettes ? Bah oui, pourquoi pas ? Après tout c’est une expression communément utilisée quand une personne reste trop longtemps enfermée dans les toilettes...vous, moi, tout le monde en France l’a sans doute déjà utilisée. Vous n’aviez jamais imaginé ce que ça pourrait vous faire ? Où vous vous retrouveriez ? En tout cas, je suis sûre d’une chose, vous n’auriez jamais pu penser aux aventures de Tolbiac, jamais.

Une plume de qualité qui ne laisse aucune place au hasard mais qui vous réserve de nombreuses surprises que je n'ai pas voulu éventer dans cette chronique. On dirait que chaque mot, chaque phrase, est choisi, pensé, soupesé, dit, chuchoté, pour que, peu importe la manière dont vous les lisiez, vous puissiez les savourer pleinement, comme un bonbon. Un petit écrin de plaisir à lire, un sourire qui danse sur les lèvres, des yeux ronds comme des billes, et vous voilà déjà plongés dans ce roman exceptionnel dès les premières lignes. Et ce n’est pas une petite perle qui repose dans cet écrin, mais bel et bien un coup de coeur !

Le mot de la fin : dès les premières pages vous êtes conquis, emportés très loin dans cette fantaisie pourtant très proche du monde réel. Un pur délice !



Voici maintenant les quelques questions que je lui ai posées.

Comment en êtes vous arrivé à l'image des toilettes ?

L'aspect victime collatérale m’intéressait avant tout. Lorsque l'infiniment petit sert de levier. Lorsqu'une tête d'épingle fait ébouler la montagne.
Et puis j'ai tenu mon incident déclencheur. Je l'ai pitché à quelques proches et moins proches. Ils m'ont observé étrangement, roulant des yeux comme des calots. Ça alors ! se sont-ils allumés. Voilà, je le tenais.
Le héros se ferait aspirer par la cuvette des toilettes.
Oui, aspiré.
Juste ça : ce grain de sable surréaliste qui permettrait à la mécanique de se dédoubler. À l'histoire humaine de se déployer, de se ramifier, de créer des ponts entre deux rives. La cuvette comme un miroir. Et de l'autre côté du miroir…


Est ce que vous vous sentez un peu Tolbiac de temps en temps ? Avec une envie irrépressible de voler des gens par exemple ?

J'avoue qu'il m'arrive de porter attention à un portefeuille qui traîne dans une poche arrière. Je me demande comment Tolbiac s'y prendrait.
Lorsque l'arnaque se déroule avec maestria, élégance, intelligence, j'ai toujours trouvé ça assez jouissif.


J'aurais bien aimé un autre petit passage avec Mirabelle ? Vous aviez prévu des le départ de ne plus la faire parler après Tolbiac ?

Non j'y ai songé, à plusieurs reprises d'ailleurs, mais il me fallait déjà gérer le conflit interne et externe que vivait Tolbiac, du fait de la confrontation- pour ne pas dire de la collision- entre ses deux mondes. J'ai eu peur de perdre le lecteur ou du moins de casser le rythme du récit avec une 3e voie. Par ailleurs Mirabelle-Perfecto, n'est plus avec Tolbiac ensuite. Mais je vais vous livrer un secret, on la retrouvera bientôt…


J’ai hâte !
Comment percevez vous les retours de vos lecteurs ? On a l'impression qu'il y a un véritable engouement de leur part et vous êtes très présents sur les réseaux.

Tout à fait, et j'en suis flatté, honoré. Cela dépasse ce que je pouvais espérer. Je savais que le mode de narration, le personnage de Tolbiac, etc. que tout cela n'était pas conventionnel. C'était un gros risque. Ce qui me rassure, c'est qu'une fois de plus, cela prouve que le lecteur tout comme le spectateur adore se laisser surprendre et sortir des sentiers battus.


Y aura t-il une suite ou pas du tout ?

Oui, avant tout grâce à l'enthousiasme des lecteurs. Tolbiac est un personnage qui apparemment plaît. Je n’en ai pas terminé avec lui. Il a son caractère et me mènerait presque par le bout du nez !
Je commence doucement à dresser un plan.


Sur votre site on peut voir un message d'Amélie Nothomb, vous y attendiez-vous ? Quelle a été votre première réaction ?

Je savais qu'elle avait aimé puisque la première fois où je l'ai rencontrée, je lui avais fait lire les 3 premiers chapitres, soit environ 50 pages. Elle m'avait paru assez emballée….


Pour obtenir plus d’informations, c’est par ici : http://cblondelot.wixsite.com/auteur
Si vous voulez suivre l’auteur, lui poser des questions, vous pouvez le faire aussi sur Facebook où il est très présent !
Le livre est en vente dans les librairies mais aussi directement à l’auteur et en format ebook ! Il y en a pour tous les goûts.

Alors si comme moi, Amélie Nothomb et plusieurs centaines de personnes, vous avez envie de suivre Tolbiac dans ses aventures, de rire, et de sortir des sentiers battus, n’attendez plus !

vendredi 14 octobre 2016

Focus sur Jean François Lesage 2.0 : Une critique de son dernier documentaire de création + une surprise


La critique de Un amour d'été 


Passionné par l'amour et la nuit Jean François Lesage nous offre un documentaire de création riche en musique, en discussions au coin du feu et crée une poésie atmosphérique. Sur le Mont Royal pas question d'avoir peur du noir ou de sentir la nuit comme une menace, un seul mot d'ordre : une liberté harmonieuse.

Alpagués par les quelques vers de Jonathan Lamy, transportés par les premières notes de Gold Zebra, nous plongeons avec délice dans cette chaleur estivale où fleurissent les amours éphémères. Comme des ombres chinoises, les corps se meuvent, dansent et respirent. Et comme sortis de nulle part, les voix chuchotent, les rires éclatent et des sourires se distinguent dans le noir.



La lumière diffuse se propage sur le Mont Royal projetant les lueurs d'une aurore boréale imaginaire. On parle de rêves, d'histoires à dormir debout, on se lance des frisbees lumineux… c'est autant d'images, de sons qui nous frappent et nous font fermer les yeux de délice.

Le noir invite le monde à murmurer, penser philosophie et amour, à faire des vœux aux étoiles filantes… mais aussi à boire et à fumer, à se sentir bien, à en profiter, carpe diem.

Ce documentaire est une invitation au partage, une bulle de curiosités et de tendresse, d'écoute silencieuse aussi, un regard subjectif et muet sur les images qui défilent sous nos yeux.



La surprise ! Une petite info supplémentaire... 
Là où Jean-François Lesage « eut le goût » de tourner…
propos recueillis lors de l'interview

J’ai vécu six ans en Chine, là bas j’ai rencontré des artistes chinois et des gens qui font du documentaire. Ils sont dans une société où tout le monde va dans un sens et où eux se retrouvent à aller à contre courant ; ils font un film avec très peu de budget, ils sont très déterminés, ils empruntent l’argent à leurs amis, une caméra… À l’époque où j’étais là je trouvais que ces gens là avaient une espèce de fièvre, d’envie de faire des choses, c’était vraiment très très inspirant. Et puis j’aimais aussi les films qu’ils m’ont montré.

Moi j’étais plus intéressé par le journalisme, j’étais allé en Chine avec un projet de coopération internationale avec le goût, un jour, d’être peut-être correspondant à l’étranger.. Et puis je me souviens d’une soirée où j’étais dans un bar, j’avais regardé des reportages toute la journée sur la chaîne reporter avec qui j’essayais de devenir son assistant, donc il m’avait montré tous ses reportages sur le Tibet, sur toutes sortes de questions en Chine. Et ce soir là je suis allé dans un bar, et puis j’ai vu une jeune fille qui riait d’un fou rire et puis qui se roulait sur le plancher pendant de longues minutes. Je crois que ça a duré 12 minutes. Et puis je regardais cette scène là et puis je me disais comment je pourrais mettre ça dans un reportage de journaliste...Impossible. Mais c’est ça que je veux filmer moi. Alors voilà ça a été le point de départ d’une réflexion. Après ça j’ai fait un premier film en Chine qui s’appelle Une nuit en Chine, où j’ai interviewé des Chinois sur leurs histoires d’amour, la nuit aussi.

capture d'écran du film "Une nuit en Chine"

Focus sur Jean-François Lesage 1.0 : Un amour d'été, interview exclusive d'un réalisateur fort sympathique




Le réalisateur Jean-François Lesage présentera son film Un amour d’été ce vendredi à 21h au Théâtre.
Entretien chaleureux ponctué de quelques expressions québécoises.

Conte du Mile End portait aussi sur les relations amoureuses et dans une moindre mesure sur la nuit. Pouvez-vous établir une relation entre celui-ci et Un amour d’été ?
Pour Conte du Mile End j'ai suivi un ami, qui s'était fait laisser par sa copine, pendant cinquante nuit. C'était dans un petit quartier de plus en plus branché, de plus en plus embourgeoisé à Montréal, mais avec une très belle diversité, et qui a beaucoup attiré les musiciens de partout au pays. J’ai alors décidé d’en faire mon studio à ciel ouvert et puis de suivre cet ami qui allait poser des questions aux gens qu’on rencontrait par hasard surtout sur l'amour et l’infidélité.

Dans Un amour d'été, cette fois, je n'avais pas cet ami et c'est moi-même qui était en peine d'amour après une brève aventure. Et là je suis allé sur le Mont Royal pendant tout le mois d’août, c’était en 2013, toutes les nuits sauf celles où il y a eu de la pluie. Il n'y avait plus cet autre, cet alter ego, cette personne que je pouvais suivre, non là c’était vraiment moi sur la montagne donc il y avait plus un côté voyeur où on se promène d’un groupe à l’autre. J’avais aussi le goût que ce soit très atmosphérique, peut-être un petit moins dans la parole que Conte du Mile End, où il y a énormément de discussions à n’en plus finir, où chacun essaye d’expliquer de façon rationnelle son chaos amoureux.

Dans ce dernier film, c’est comme quelqu’un qui regarde à travers la forêt des couples qui ont l’air de bien s’amuser, ou des groupes qui parlent sur l’amour alors que lui n’est pas invité à la fête. Un peu comme la Petite fille aux Allumettes qui regarde une famille en train de manger de la dinde à Noël alors qu'elle gèle dehors. Il y a vraiment une continuité entre les deux mais j'avais le goût qu’un amour d’été soit un petit peu plus atmosphérique, un petit peu plus abstrait par moment aussi, mais c’est une même quête. Les deux films sont tournés la nuit comme tous mes films précédents.

Vous n’avez donc pas peur du noir ?
C’est encore drôle j’ai un peu peur du noir, mais je suis attiré par ce qui me fait peur.

Un amour d’été a-t-il eu un effet thérapeutique sur vous ?
Je n’étais pas sûr que ça allait être thérapeutique, mais je pense que oui, je pense que ça a été super de me lancer dans une activité comme faire un nouveau film. Je me suis dit : « c’est Montréal, tout le monde est amoureux, sauf moi, ça va être un été de merde, donc aussi bien faire un film ».

Ce film découle donc réellement de votre relation amoureuse ou étiez-vous déjà passé au Mont Royal avec cette idée en tête ?
J’avais vraiment le goût d’aller recueillir encore une fois des propos sur l’amour, mais j’avais le goût aussi qu’il y ait vraiment une atmosphère très forte. Et puis je voyais que chaque soir il y avait beaucoup de monde qui se regroupait sur le Mont Royal après la fermeture du parc. Et effectivement, c’est complètement fou la vie qu’il y a sur le Mont Royal l’été, avant la fermeture mais aussi, et surtout, après la fermeture. Et j’espère que mon film ne fera pas en sorte qu’il y ait 200 policiers patrouillant le Mont Royal et qu'il n'y ait plus moyen d’aller s’amuser là bas…
Et puis, je passais souvent devant… Le Mile End c’était ça, c’est que dans le fond j'y vivais à cette époque, j'y marchais souvent, donc forcément je passe devant le Mont Royal, il y avait une curiosité et j’avais le goût d’aller voir ce qui se passait là bas la nuit.

Vous avez donc tourné de nuit et sur l’intimité des gens, aviez-vous des contraintes sur le tournage ?
Au niveau du consentement je n'ai aucune marge de manœuvre alors j’ai dû demander à chaque fois aux gens la permission et puis faire signer des papiers. Même si parfois je commençais à tourner avec mon équipe, un petit peu avant, à travers les buissons, il fallait à un moment donné sortir et puis expliquer ce qu’on faisait ; mais très sommairement, je ne voulais vraiment pas influencer les conversations. La seule indication qu’on donnait c’est que le film s’appelait Un amour d’été. Mais souvent les gens se disaient « on va parler des amours d’été », ou bien ils continuaient avec la conversation qu’ils avaient avant notre arrivée.

Certains ont refusé ?
Oui mais les gens étaient assez ouverts. Cet été j’ai tourné un autre film mais dans la campagne québécoise et il y avait plus de méfiance, c’était plus difficile. Sur le Mont Royal la nuit, les gens étaient d’accord, sans trop poser de questions en plus sur ma démarche. Peut-être qu'il y a une atmosphère un peu festive aussi qui facilite peut-être les choses.
Mais c’est quand même merveilleux, j’ai l’air de me plaindre, mais c’est quand même merveilleux qu'il y ait des gens qui acceptent d’être dans des documentaires de création, je les remercie, même si des fois c’est dur de les convaincre et que ça peut être une source de frustration.

Avez-vous rencontré des difficultés sur le tournage ?
Bah c’est toujours difficile un tournage, mais c’est intéressant parce que j’aime l’idée « je loue une caméra et il est pas question qu’elle reste sur le plancher de ma chambre à rien faire ». Alors faut que je la fasse travailler. Donc chaque jour je me rends à mon lieu de tournage, que ce soit Mile End, ou la montagne ou cet été c’était une rivière, à chaque jour je dois y aller, et peu importe ce que va être la récolte à la fin de la journée. Et puis y a quelque chose que j’aime dans cette petite période un peu acétique du tournage qui est d’un mois ou deux mois, où même s'il y a une mauvaise journée, le lendemain on y retourne, on est là à nouveau. Il y a quelque chose qui me plaît là dedans, peu importe le résultat de chacune de ces journées là. J’aime ça aussi d’être surpris un peu par le matériel en montage et en juxtaposant une scène à l’autre et puis de voir que ça peut créer quelque chose de totalement fun. Moi je trouve que mes tournages sont très maigres en joie c’est plus en montage que je me dis « ah bah finalement c’était pas mal ».

La musique et les poèmes jouent un tel rôle dans le film, que celui-ci ne pourrait pas être envisagé sans eux…
En fait, un matin justement où j’étais découragé, j’ai alors lancé comme deux bouteilles à la mer : j’ai écrit sur Facebook à Gold Zebra que je ne connaissais pas, je n’étais qu’un fan de ce groupe…Puis au poète Jonathan Lamy. Et j’ai reçu une réponse positive où tous me disaient oui ; qu'ils étaient prêts à me rencontrer pour discuter de mon film. Alors vraiment, oui ,ça m’a lancé dans l’action, dans le film.. C’est ça, parfois, quand les étoiles s’alignent un peu. Ça a été comme une éclaircie sur la dure route d'auteur indépendant.


Propos recueillis par Camille Choloux, Hélène Schmoor et moi-même sur le Festival International de La Roche-sur-Yon (85).


jeudi 13 octobre 2016

Ma vie de courgette : un légume (qui n'en est pas un) n'aura jamais été aussi émouvant !




Ma vie de courgette, réalisé par Claude Barras et scénarisé par Céline Sciamma est l'adaptation de l'Autobiographie d'une courgette écrit par Gilles Paris. Les personnages ressemblent à ceux de Wallace et Gromit, ce qu'on appelle aussi un film en volume. Il a remporté deux prix au Festival du film d'Animation d'Annecy ; le Cristal du long métrage et le Prix du public et sortira le 19 octobre 2016.

Il a été réalisé en stop-motion à Lyon, c'est-à-dire que chaque scène est filmée image par image, et il faut des fois plusieurs jours pour faire quelques secondes de tournage. De plus les animateurs n'ont pas fait d’économie de mouvements pour fournir moins de travail, au contraire ! Clignements de paupières réguliers, haussement de sourcils, cheveux qui bougent, les personnages prennent vie sous leurs doigts de fée et donnent l'illusion qu'ils se meuvent tout seuls. Ma vie de Courgette a vu le jour dans les studios du Pôle Pixel de Villeurbanne entre les mains d’une quarantaine de personnes. En effet, cette technique étant très rare elle attire des animateurs du monde entier (culturebox).

image de Culturebox
Courgette n'a, en réalité, absolument rien à voir avec un légume, c'est le surnom d’un petit garçon de neuf ans, prénommé Icare. Sa mère, alcoolique, boit du matin au soir et peut se montrer violente tant dans son attitude que dans ses intonations pâteuses. Un jour, alors qu’elle montait au grenier pour l’engueuler il lui referme la trappe sur la tête, elle dégringole et ne se relève plus. Courgette est alors envoyé en foyer d’accueil par un gentil policier du nom de Raymond. Là bas le petit garçon y fera la rencontre de Simon le gros dur dont les parents se droguaient mais qui suce encore son pouce, Alice, la petite fille avec de drôles de TOC qui a subi des agressions sexuelles, Béatrice dont la mère a été reconduite à la frontière alors qu’elle était à l’école, Ahmed dont le père était braqueur et qui s’est fait arrêter, et Jujube dont la mère avait des problèmes psychologiques et qui lui disait notamment que le dentifrice était excellent pour la santé. 



Tout ceci est dit avec énormément de subtilité, si bien que la plupart des enfants ne comprendront pas l’histoire des personnages. Un peu plus tard arrive Camille, dix ans, dont la mère a tué son père puis s’est suicidée. Elle a tout vu. Sa tante, effroyable mégère, vulgaire et méprisante, tente de profiter de la situation et de se faire de l’argent sur son dos.
Comme vous pouvez le constater ce film d’animation traite de sujets très durs : la maltraitance, l’abandon, les foyers d’accueil… Mais n’ayez surtout pas peur, comme je le disais, tout est traité avec énormément de subtilité, afin de sensibiliser les enfants et non pas de les choquer. Il y avait d’ailleurs beaucoup de groupes scolaires lors du visionnage le 12 octobre au Manège, et les enseignants étaient ravis, eux, qui avaient justement eu peur que ce soit trop fort pour leurs élèves.



D’ailleurs le film s’adresse à un double lectorat et possède donc une double lecture, lorsque les enfants rient parce que Courgette laisse tomber la trappe sur la tête de sa mère les adultes restent bouche bée. De même, lorsqu’il parle au policier Raymond et lui explique pourquoi sur son cerf volant il y a son père et une poule il dit « maman disait toujours que papa adorait sa poule ». Là aussi de nombreux éclats de rire explosent un peu partout, parce que c’est drôle qu’un papa adore une poule mais nous, adultes, nous comprenons toute autre chose. Et ces situations se répètent à de nombreuses reprises dans le film entrecoupées de nombreux rires et scènes comiques.

Parce que Ma vie de Courgette n’est pas tragique à proprement parler. C’est surtout, à la manière de certains films de Tim Burton, une belle leçon de vie et d’humanité englobé dans un univers complexe, tantôt glauque tantôt absurde. Un film à voir et à revoir.

Le mot de la fin : Un film d’animation qui traite d’un sujet tabou, c’est rare et là, c’est beau. De l’émotion au rendez-vous, sortez les mouchoirs ! (en salle le 19 octobre)


Voici la bande annonce du film qui a fait sensation dans bien des festivals notamment la quinzaine des réalisateurs !


mercredi 12 octobre 2016

Swiss Army Man, oubliez les bienséances, lâchez les flatulences !




Daniel Kwan et Daniel Scheinert, également connus sous le nom de Daniels nous livre un film inouï qualifié d'OVNI par les médias, ce que je ne peux qu'approuver ! Drôle, touchant, émouvant, surprenant, il casse les codes de nos sociétés trop bien pensantes et nous emmène dans une grandiloquente comédie.

Hank Thompson, interprété par Paul Dano, s'est enfui de chez lui, la raison ? Nous l'ignorons et nous n'en apprendrons pas beaucoup plus durant le film. Marre de la vie ? Marre de sa famille ? Peut-être. Nous le retrouvons prêt à se suicider après plusieurs jours ou mois qui sait loin de chez lui sans eau et sans nourriture, sortant des notes de musique absurdes pour se donner du courage sur une île déserte. Là, alors que son regard se promène une dernière fois sur la plage, il aperçoit un cadavre. Mais pas n'importe quel cadavre. Un cadavre qui pète. Oui m'sieurs dames. Et Daniel Radcliffe pète si bien (oui vous ne verrez plus Harry Potter de la même façon) qu'ils arrivent à s'échapper de l'île et à rejoindre une côte boisée qu'ils pensent être la terre ferme.



Hank commence alors à parler au cadavre, lui donnant en quelque sorte la vie. Quand le cadavre commence à lui répondre là ça devient de plus en plus évident pour lui : il est la clé de sa survie. Et voilà que Manny (le cadavre) devient un « ami outil multi-fonctionnel », robinet, allumeur de feu, coupeur de bûches, et surtout...boussole. Je laisse les adultes le soin de visionner ce film et de comprendre quelle est l'aiguille de la boussole. Hum hum. Paradoxalement, c'est le suicidaire qui tentera de redonner vie à un cadavre, ce qui souligne le côté un peu cinglé de ce film qu'on ne peut placer dans aucune catégorie : bromance ? Comédie ? Drame sentimental ? Peut-être dans la catégorie Waouh. Elle reste à inventer.

À deux ils vivront une formidable aventure, s'inventeront créateurs de marionnettes, réalisateur de film, scénariste…
Hank est-il fou ? Manny parle t-il réellement ? Si par moment cela nous revient en tête, difficile de rester focaliser sur ces questions trop terre à terre par rapport au côté complètement barge et décalé de Swiss Army Man.


Si on ne s'arrête pas à l'aspect externe du film et à ses multiples scènes complètement absurdes alliant humour macabre, glauque, et comique de situation, il a également un côté très profond et philosophique. Un peu comme l'image qu'on se fait des hippies.

Attention parents/enfants avertis : les flatulences sont de mises, et les allusions appuyées au sexe aussi, pas avant 12 ans donc.

Le mot de la fin : Un grand moment de pur plaisir qui laisse irrésistiblement un sourire sur les lèvres des spectateurs.


Voici la bande annonce ! Aucune date encore pour la France malheureusement alors que le film est sorti le 21 juin aux Etats Unis. 


lundi 10 octobre 2016

Le Mystère de la chambre jaune réinventé, Podalydès semble avoir suivi "le bon bout de sa raison"




Parmi les onze films présentés au FIF en l’honneur de Bruno Podalydès, Le Mystère de la chambre jaune, sorti en 2003, est diffusé à deux reprises : la première fois le mercredi 12 à 9h30, et la seconde le jeudi 13 à 11h, au Concorde. Il est aussi possible de le visionner en DVD ! 

Le Mystère de la chambre jaune est un roman policier paru en 1907 et écrit par Gaston Leroux. Admiré par Agatha Christie pour son sens des enquêtes en huit clos, cette œuvre a souffert plusieurs interprétations au cinéma, dont la dernière, à la télévision, remonte en 1965, par Jean Kerchbron. En 2003, Bruno Podalydès réinvente ce mystère et le porte au grand écran avec des acteurs phares : son frère, Denis, dans le rôle de Rouletabille, Pierre Arditi dans le rôle de Frédéric Larsan ou encore Jean-Noël Brouté interprétant Sinclair.

Si le film de Podalydès a longtemps été critiqué comme n’étant pas assez fidèle au roman de Gaston Leroux, nous ne pouvons que nous y plonger en ne pensant pas au livre, mais en se laissant emporter dans ce Cluedo grandeur nature, où le journaliste Rouletabille, semblable au Tintin d’Hergé, tente de résoudre le plus grand des mystères.



En effet, dans une pièce dont la porte était fermée à clé, et dont les barreaux de l’unique fenêtre ne laissent guère la place de passer à un corps, s’est produit un horrible crime. Mathilde Stangerson (Sabine Azéma), s’est faite agresser à l’intérieur de cette pièce depuis laquelle nul n’aurait pu s’échapper sans être vu. Qui est donc l’auteur de cette tentative d’assassinat ? 

Arrivé sur les lieux en même temps que le juge de Marquet (« en deux mots s'il vous plaît »), le journaliste Rouletabille accompagné de son acolyte Sinclair, fidèle Watson, se plonge dans les méandres de l’énigme, s’opposant à l’Inspecteur Larsan déjà sur place. Ce dernier, entouré par des Dupont-Dupond un peu bêtes, semble intimement persuadé que c’est le fiancé, Robert Darzac, le coupable, ce que corrobore son incapacité à dévoiler son emploi du temps.



Poladylès nous offre une comédie policière avançant son humour décalé sur le devant de la scène. Le film, porté par un très beau casting, rend compte d’une ambiance bon enfant qui prête à rire et à sourire. Si quelques longueurs ponctuent ça et là ce Mystère, les quelques plans resserrés sur des mécanismes semblent nous faire voir l’intérieur de la tête de Rouletabille. Ces plans laissent apparaître le cheminement d’une boule noire, qui, de train en train poursuit son chemin vers la vérité. Ces arrêts, peu nombreux, lancent un fil ténu entre imaginaire et réalisme, nous renvoyant aux rouages de notre propre cerveau tentant de comprendre et d’assimiler le pourquoi de cette énigme qui ne semble pas avoir de fin.

Plusieurs rebondissements nous font espérer tenir le coupable, alors que celui-ci est peut-être plus proche que nous ne le pensions… Rouletabille, grand vainqueur, tenant le bon bout de sa raison, nous offre le résultat de l’énigme sur un plateau d’argent. Pour ceux ayant déjà lu le roman, aucune surprise quant à l’identité de l’assassin, et si certains l’auront deviné, ou tout du moins soupçonné, tous prendront plaisir à comprendre petit à petit toutes les apparitions et disparitions de celui-ci.



Le mot de la fin : Podalydès, a réussi le pari de faire plonger dans son univers peu commun, le roman de Gaston Leroux pourtant connu et déjà de multiples fois interprétés.


Vous pouvez retrouver la bande annonce du film, sur allociné.fr
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18352977&cfilm=48862.html


vendredi 7 octobre 2016

Le Festival International du Film de La Roche-sur-Yon




Né en 2010 des mains de Yannick Reix et Emmanuel Burdeau, le Festival prend un nouveau visage depuis 2014 avec l’équipe de Paolo Moretti. Différentes programmations (Internationale, Nouvelles vagues Acuitis, Variété, Passé/Présent, Trajectoires) mettent en compétitions de nombreux films en première française. Un seul mot d’ordre : éclectisme.

Cette année, membre de l’équipe confectionnant la gazette, j’aurais l’occasion de voir plusieurs films et donc de créer autant de chroniques !

Ainsi vous aurez mon avis sur les films à voir ou ne pas voir, toujours argumenté bien entendu! Je vous retrouve donc très bientôt pour parler Cinéma du lundi 10 au dimanche 16 octobre.


Afin de retrouver toutes les chroniques de la semaine du Festival International du Film, cliquez sur FIF dans les libellés, ou dans le menu déroulant « Dream Watching → Film → FIF ».


Une histoire de zombie, d'innocence et de mensonges qui bouscule les récits du genre (perle)



Celle qui a tous les dons, de M.R.Carey







Celle qui a tous les dons a été publié en version française à l'Atalante, une maison d'édition Nantaise (44-France) spécialisée dans les romans de science-fiction et de Fantasy. L'auteur, de son petit nom Mike Carey, est naît à Liverpool en Angleterre et a publié plusieurs romans et Comics, tous dans le genre de l'imaginaire. Une adaptation de ce roman devrait bientôt voir le jour sous la poigne de Colm Mc Carthy. Voici le résumé, et à la fin de cette chronique vous pourrez apprécier la bande-annonce, qui augure un film très prometteur.

Tous les dons ne sont pas une bénédiction. Chaque matin, Mélanie attend dans sa cellule qu'on l'emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu'elle ne les mordra pas.
Mais ça ne les fait pas rire.
Mélanie est une petite fille très particulière.

Mélanie est une enfant chétive, fine, légère comme une plume, avec le visage lisse dont les os saillent un peu, avec des yeux surprenants dans ce corps de poupée de porcelaine. Elle paraît innocente, une petite fille curieuse et intelligente avec un QI supérieur à la moyenne. Mais elle est aussi très spéciale. Son nom lui a été donné à partir d'une longue liste, et, à chaque fois qu'un nouvel enfant apparaît le nom suivant est pris. Une liste pour les garçons, une liste pour les filles. Elle ne connaît pas ses parents, pourtant, elle sait que tous les enfants en ont. Tous les jours, on vient la chercher, on la met dans un fauteuil avec des sangles et on l'amène en classe. Les jours qu'elle préfère elle les a nommés Jours Justineau, parce que ces jours là Madame Justineau fait la classe, elle leur raconte les mythologies grecques avec leurs titans et leurs dieux, des poèmes sur des chats perdus, elle leur narre l'Histoire de l'Humanité, elle leur sourit, elle rit, elle est comme un point de lumière dans l’obscurité.

Car le monde n'est plus comme avant, il a changé, il est devenu moche, gris, et invivable. Les affames se sont propagés et tuent tout ce qui bougent. Ils se déplacent en meute, peuvent vous sentir et vous poursuivre sur des kilomètres, voir votre chaleur. Leurs mâchoires claquent sur vos talons. Les rares survivants de la race humaine s'entre-tuent puisque plus rien d'autre n'existe, presque aussi sauvages que les affames eux-mêmes.

Mélanie n’est pas comme eux, comme tous les autres enfants de la classe, elle ne rentre pas dans les catégories « affames » ou « humains » pourtant tous les voient comme des monstres. En dehors de Madame Justineau qui leur montre une attention particulière et les considère comme des enfants, pour tous les autres ce sont des sujets d'expériences, des patients à décortiquer, charcuter, disséquer, pour comprendre leur fonctionnement interne. La jeune fille comprend bien que quelque chose cloche mais n'ose pas en parler, au lieu de quoi, elle voue une dévotion et un amour sans borne à Helen Justineau.

« Je vous aime, mademoiselle Justineau. Je serai un dieu ou un Titan pour vous, je vous sauverai. » page 34

Malheureusement cet état des lieux entre tensions et passivité volera en éclat lorsque des cureurs (les survivants humains) décideront d'attaquer le centre en représailles, pour une mission qui a mal tourné et causé la mort de deux d'entre eux. Forcés de s'enfuir, le Sergent Parks, le soldat Gallagher, la scientifique Caroline Cardwell, l'enseignante Helen Justineau et Mélanie devront unir leurs forces pour atteindre Beacon, malgré leurs objectifs très différents.

Le scénario monte crescendo, c'est à dire qu'une tension palpable commence à s'installer entre les différents personnages, dès les premières pages. Quelques événements mineurs, mis bout à bout, mais aperçus par différents points de vue, renforcent l'impression d'insécurité et de pression qui pèse sur eux. Les dissensions internes, surtout sur le comportement envers les sujets, se poursuivront tout le long du roman.
L'intrigue est construite autour des cinq personnages dont les points de vue interviennent de manière alternée à divers moments clés. Ainsi nous en apprenons plus sur tous les personnages, sur leurs aspirations, leurs secrets et leurs envies.
Le tout est très fluide ce qui rend la lecture agréable !

J'ai surtout apprécié la naïveté de Mélanie au départ qui se transforme peu à peu en froide acceptation. C'est d'ailleurs elle même qui finira par définir à quel moment elle doit s'éloigner des autres ou non, à quel moment elle représente un danger, et qui saura se montrer utile en se basant sur ses « dons » pour les sortir de situations impossibles.



On retrouve également le combat éternel entre la Science et l'Ethique représenté ici par Caroline Cardwell (qui se prendra beaucoup de poings dans les dents, la pauvre), la scientifique un peu folle, obstinée, concentrée sur l’expérience, (scientifique quoi) et Helen Justineau, l'enseignante qui finit par devenir la mère de substitution et la protectrice de Mélanie.
Ceci, associé à l'impartialité militaire du sergent Eddie Sparks, promet un groupe explosif et nous ne sommes pas déçus du résultat. Des coups de gueule, des raisonnements logiques, des arguments scientifiques, des coups de poing, des agissements infantiles… Finalement c'est Mélanie, à qui au début on ne demande pas ce qu'elle veut, qui se trouve être la plus adulte et la plus mature !

Ce scénario, associé à des explications scientifiques, nous fait plonger avec beaucoup de curiosité et d'horreur dans ce roman à couper le souffle qui bouleversent les théories zombies habituelles. Un roman qui ne sort pas des sentiers battus puisqu’on reste sur un sujet largement traité, surtout maintenant (Walking Dead, Bienvenue à Zombieland, BrainLess, etc.) mais qui nous offre un contenu exceptionnel et une écriture fine et originale.

Le mot de la fin : Une petite perle à ajouter, beau, tragique, intelligent, ce roman prête autant à sourire, pleurer, qu'à réfléchir.

Voici la bande annonce du film tirée de la chaîne de Warner Bros :



Vous pouvez retrouver une interview de l'auteur sur zombieworld, elle est vraiment bien et on en apprend beaucoup sur l'idée du roman, l'auteur et même le film !