mardi 20 décembre 2016

Quand la littérature se met au noir pour les fêtes de fin d'année... par Marry Higgins Clark et Agatha Christie



Cold Winter Challenge#1
Magie de Noël




Pour ce Cold Winter Challenge je me suis lancée un défi de taille dont vous pouvez retrouver tous les détails ici

J’ai enfin fini mon premier menu, « magie de noël » que j’ai voulu très sombre tout en ayant droit aux fameux Happy End des enquêtes policières ! Pour cela Le Voleur de Noël et Le Noël d’Hercule Poirot étaient bien trouvés.

J’ai mis énormément de temps à rentrer dans l’histoire du Voleur de Noël.
D’un côté nous avons : Packy Noonan, escroc qui vient de passer 12 ans en prison, voit enfin la possibilité de s’échapper lorsqu’on lui accorde une reduction de peine. Ayant monté un plan avec ses anciens acolytes, il tourne en ridicule la filature policière et fait route vers le Vermont. Pourquoi ? Afin de récupérer des diamants qu’il a cachés, 12 ans auparavant, à la branche d’un épicéa bleu.

De l’autre : un groupe de riches personnes venues passer quelques temps en plein air, faisant du ski et échangeant potins et bonnes aventures. Au Vermont.

Je ne m’attendais pas à un roman palpitant à souhait, où votre cerveau s’efforce de trouver le dénouement de l’histoire, et je ne l’ai pas eu. Le roman se lit très vite, sans complications, sans prises de tête, et sans réelle enquête. Les coïncidences trop faciles nous font un peu tirer la grimace et on est guère surpris par la fin.

L’esprit de Noël est bien présent et on assiste à un Happy End un peu trop facile à mon goût.
C’était tout de même une belle façon d’entamer le Cold Winter Challenge,
bien au chaud sous ma couette.

J’ai ensuite enchaîné avec Le noël d’Hercule Poirot, beaucoup plus intéressant celui-ci, ce qui vous en conviendrez, est plutôt normal de la part d’Agatha Christie. Il m’a énormément fait penser au roman Le mystère de la Chambre Jaune de Gaston Leroux puisque on a, là aussi, un meurtre inexpliqué dans une chambre fermée à clé de l’intérieur.

L’intrigue nous place dans une vieille bâtisse anglaise, où un vieux riche, Simeon Lee, décide de ramener autour de lui tous ses enfants pour le plaisir sadique de les voir se déchirer (qui a dit que les vieux monsieurs étaient gentils ?) : Alfred, vivant déjà dans le château, le fidèle fils, Georges promis à une carrière politique, avare, et comptant les sous, David, celui qui n’a jamais pardonné à son père les horreurs qu’a subi sa mère et enfin Henry qui a jeté le déshonneur sur sa famille en partant faire le tour du monde. 
A ces personnages déjà haut en couleur s’ajoutent : Pilar, la soi-disant fille de Juliette ce qui fait d’elle l’unique petite fille de la famille, et Stephen Farr, le soi-disant fils d’un ancien collègue du vieux Simeon Lee. Agatha Christie place le décor et le caractère de chaque personnage dès les premières pages, et comme à son habitude, Hercule Poirot fait son apparition après le meurtre, venant aider le jeune officier en charge de l’affaire.

Les suspects sont légions puisque aucun fils n’aimait réellement le père. Les révélations se succèdent rendant suspect tel ou tel personnage avant de le laisser de côté pour passer à un autre. À chaque roman d'Agatha je fais tout de même l’effort de chercher qui est le meurtrier, éliminant ceux qui sont trop suspects et évidents pour me concentrer sur ceux dont on parle peu et qui restent dans l’ombre.
Attentive à chaque commentaire de chaque personnage, aux remarques toujours aussi agaçantes et nébuleuses d’Hercule Poirot mais rien y fait le meurtrier m’échappe, la raison aussi et je finis par m’abandonner complètement au jeu d’Agatha.

Et la surprise est de taille ! (ce qui est en soi un indice mais chut.)

Une enquête bien ficelée, un meurtre bien organisé, un coupable on ne peut plus surprenant...voilà un Noël qui fleure le sang et les embrouilles ! Encore un Agatha dont je me souviendrai longtemps.

Ce sera tout pour Magie de Noël ! Si vous aussi vous vous êtes laissé-e-s tenter par un de ces deux romans pour l’hiver ou pour le CWC, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaires !


Bonnes fêtes de fin d’année !


samedi 10 décembre 2016

Les animaux fantastiques : un spin-off qu’on oubliettera pas de sitôt !



Un film uchronique et enchanteur pour petits et grands


Les animaux fantastiques (ou Fantastic Beasts and where to find them) est un film tiré de l’univers de Harry Potter notre cher sorcier aux lunettes rondes. Distribué par Warner Bros et réalisé par David Yates, le film figure au Box Office International et a enregistré pour sa première semaine d’exploitation dans les salles françaises, 1 420 401 entrées ce qui le place en 4e position des meilleurs démarrages de l’année 2016, après DeadPool, Zootopie et Les Tuche 2. Bien en deçà cependant des sorties d’HP qui enregistraient chacunes plus de 2 millions d’entrées. Essoufflement de la saga ? Ou nouveaux publics ?

melty.fr

L’histoire commence en 1926, à New York, alors que le début du 20e siècle est troublé par Gellert Grindelwald, un sorcier revendiquant sa liberté d’exister, et que la ville subit d’étranges attaques. Les moldus, ou non-mages comme il y sera plusieurs fois fait allusion dans le film, sont terrorisés et se tournent vers des groupes extrémistes.
C’est en ces temps difficiles qu’arrive Norbert Dragonneau, incarné par Eddie Redmayne, sorcier pacifiste et amoureux des animaux fantastiques. Ces derniers sont abattus et exterminés car jugés trop dangereux pour l’humanité et par là même pour l’existence secrète des sorciers.
Malheureusement, sa valise ne semble pas se fermer correctement, et c’est un euphémisme ! Des créatures s’échappent à travers la ville et sèment un peu plus la zizanie. Norbert se lance alors à leur poursuite entraînant un non-mage avec lui : Jacob Kowlaski (Dan Fogler) légèrement simplet et terriblement naïf. Porpentina Goldstein dite Tina, jouée par Katherine Waterston, l’arrête alors pour possession de créatures fantastiques et violation de leur code. Dans le feu de l’action, Norbert échange sa valise avec Jacob et c’est le début des ennuis.

warnerbros.fr

Si l’histoire se déroule dans l’univers d’Harry Potter, il n’en est nullement fait mention ; de quoi satisfaire ceux n’ayant pas encore regardé HP ou n’ayant pas forcément aimé. J’ai particulièrement affectionné l’attitude pacifiste et humaniste de Norbert magnifiquement interprété. Entre timidité et témérité, notre héros sait se préserver et sortir des mauvais pas tout en gardant un manteau de mystère derrière ses beaux yeux. On ne peut que saluer la prestation d’Eddie Redmayne que j’ai enfin pu apprécier à sa juste valeur. 


independent.co.uk

Si certains pourraient le trouver froid, n’oubliez pas que nous sommes en plein New York des années 20, et qu’il vient tout droit d’Angleterre où les Anglais sont légèrement guindés. Observez bien ses yeux et ses lèvres, cet acteur sait remarquablement bien jouer de son charme et de ses particularités ! Je n’avais pas su trop les comprendre dans Jupiter où le personnage ne collait pas vraiment à l’acteur mais là ce n’est vraiment pas le cas.

De même, Dan Fogler, dans son rôle de gourmet bon enfant se révèle drôle et attachant. C’est lui, aussi, qui se retrouvera souvent dans les situations les plus comiques et qui fera rire les enfants. 


Twitter

Par contre, sa relation fleur-bleue avec Queenie Goldstein (jouée par Alison Sudol) était on ne peut plus décevante.
Le personnage de la jeune femme, fantasque et un peu cruche (il faut le dire) la dessert complètement et lui donne que très peu de profondeur. Leur relation, basée sur un échange sur les pâtisseries, ne paraît que plus ennuyante et leur séparation trop longue m’a fait lever les yeux au ciel.




Certains éléments (fortement soulignés par Maximemaxmf Maui sur Sens Critique) comme la refonte d’un appartement devant des centaines de moldus m’ont paru incompréhensibles : pas de sort d’oubliette annoncé, personne pour contrôler, des effets spéciaux supplémentaires qui révèlent tout de même un trou dans le scénario. Dans le même genre, le passage de la banque, où Dragonneau, devant des dizaines de témoins, embarque notre pauvre Jacob avec un sort de téléportation.
Ce serait peut-être explicable si, par exemple, Dragonneau expliquait que cela ne posait aucun problème en Angleterre, ou, qu’il n’en avait pas l’habitude pour des raisons de mœurs et coutumes différentes, mais il n’en est rien et nous restons un peu bouche bée devant ce manque flagrant de cohérence.

Attention ! ce passage pourrait en spoiler quelques-uns, passez directement au paragraphe suivant dont le premier mot est en orange.
SPOIL : Petite déception concernant l’obscurus ! La créature la plus dangereuse et explosive dans le monde magique. Si Jenn Murray joue parfaitement bien Chasteté et que J.K Rowling arrive à nous tromper pendant un long moment sur la réelle identité de l’obscurus, je suis extrêmement désappointée devant sa mort. On la survole à peine ! Ce qui rend peu crédible le caractère humaniste de Dragonneau et sa soi-disant morale.

Repassons au cours normal de cette chronique. Je ne ferai pas l’analyse de la mise en scène et encore moins des effets spéciaux de David Yates puisque je connais très peu sa filmographie et que je ne suis en aucun cas une experte. Je ne me permettrai donc pas de juger. Par contre si certains veulent apporter leur critique, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Je terminerai donc cette critique par une note positive : les 2h10 de film passent complètement inaperçues. Notre attention est retenue du début à la fin entre les animaux fantastiques et les rebondissements très bien rythmés. Si le scénario est on ne peut plus prévisible, vous saurez apprécier le côté touchant ou comique de certaines scènes.

Le mot de la fin : un film uchronique et enchanteur pour petits et grands, qui se faufile à merveille dans l’univers d’Harry Potter tout en présentant un nouveau héros. Je regrette cependant les quelques erreurs scénaristiques et le personnage de Queenie beaucoup trop idiote à mon goût.



jeudi 1 décembre 2016

Pour un esprit cocooning, des livres sous une couette en hiver, que demander de plus ?



Le Cold Winter Challenge !





À la suite du week-end à 1000 faites place au nouveau Challenge : le CWC.

Qu’est-ce-que c’est ? Un événement fun, plein de bonne humeur, de chocolat et de boules de neige, porté -pour ce que j’en sais- par Margaud Quartenoud et une équipe du tonnerre sur les réseaux sociaux.

Le but ? Remplir deux menus spécialement conçus par cette période de fin d’année !
Montagne enneigée : lire deux livres dont la thématique principale est le froid, la neige, ou l’hiver.
La magie de Noël : lire 2 livres se déroulant durant la période des fêtes de fin d’années.

De quoi nous donner un peu plus froid...mais sous une couette douillette ! On peut choisir l’un des deux menus ou bien les deux pour les plus gourmand(e)s d’entre nous… Le challenge est donc relevé une fois le ou les menus complétés. Cependant chacun(e) a fouillé dans ses tiroirs, pioché dans les idées de la communauté, cherché dans ses livres numériques et nous voilà tous avec une PàL démentielle !
J’ai décidé pour ma part de tout simplement remettre tous mes romans se passant en période de fin d’année, dans la neige, ou même des romans que j’avais envie de lire en cette période. C’est donc ma PàL d’Hiver que je vous propose de découvrir et que je viderai au fur et à mesure pour ce CWC.

Mais voyons d’abord les romans que j’ai choisi spécialement pour les deux menus !

Pour « Montagne enneigée », dont les livres doivent porter sur l’hiver, le froid et les montagnes, j’ai choisi :
Un papillon sous la neige de Daphne Kalothay, que j’avais chiné pour 2€ sur le salon de Montaigu en début d’année.
La mécanique du coeur de Mathieu Malzieu, que j’ai retrouvé par hasard dans ma vaste bibliothèque numérique.

Pour « Magie de Noël » dont les livres doivent porter sur les fêtes de fin d’année ou en tout cas sur cette période, j’ai plutôt pris :
Le Voleur de Noël de Mary Higgins Clark
Le Noël de Hercule Poirot d'Agatha Christie.

Ces quatre là figurent parmi une sélection plus importante de 24 romans que je barrerai au fur et à mesure des mes lectures pour le CWC. Par contre, je me la réserve jusqu’à la fin de la saison d’hiver. Bah oui parce que voici un détail que j’ai omis de préciser, le CWC commence aujourd’hui (comment ça je suis en retard?) et finit le 31 janvier 2017.

Je vous laisse découvrir ma PàL Littérature contemporaine & thriller d’hiver avec 18 romans ! Ce sont des lectures dont je n’ai absolument pas l’habitude, si certain(e)s en ont déjà lues quelques unes n’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire !



- La boule de neige d’Alexandre Dumas
- Un singe en hiver d’Antoine Blondin
- Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan
- Pays de neige de Yasunari Kawabata
- Chasseurs de neige, Paul Yoon (rajout)
- Colomb de la lune de Barjavel
- Le père noël est une ordure de Josiane Balasko (et tant d’autres)
- Le voleur de Noël de Mary Higgins Clark
- Les heures souterraines de Delphine de Vigan
- Un papillon sous la neige de Daphne Kalotay
- Si une nuit d’hiver un voyageur de Italo Calvino
- Le Noël d’Hercule Poirot d’Agatha Christie
- A la table des hommes de Sylvie Germain
- Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes
- Nuit noire, étoiles mortes de Stephen King
- La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette de Stieg Larsson
- Les trois crimes de Noël de Christian Jacq
- La Princesse des glaces de Camilla Läckberg
- Cyanure de Camilla Läckberg

Une sélection que j’ai voulue hétéroclite et peu ordinaire. 

Suivie de ma sélection jeunesse, pour le coup beaucoup plus petite mais qui m’a l’air toute aussi passionnante avec seulement 6 romans :



- La mécanique du coeur de Mathias Malzieu
- Les outrepasseurs tome 2 : La reine des neiges de Cindy Van Wilder
- Les outrepasseurs tome 3 : Le libérateur de Cindy Van Wilder
- La passe miroir tome 1 : Les fiancés de l’hiver de Christelle Debos
- La passe miroir tome 2 : Les disparus du Clairdelune de Christelle Debos
- Tour B2 mon amour de Pierre Bottero.

Et...La surprise ! Ma sélection spéciale cinéma plutôt orientée jeunesse -mais pas que- avec pour thématique le froid, l’hiver, les contes, mais aussi les adaptations et deux pépites dont on m’a dit beaucoup de bien !



- Le Pôle Express de Robert Zemeckis (adaptation du roman Boréal-express de Chris Van Allsburg)
- Les cinq légendes de Peter Ramsey
- L’étrange noël de Monsieur Jack de Henry Selick
- Le royaume de Ga’hoole (inspiré de la série Les Gardiens de Ga’hoole, écrite par Kathryn Lasky) de Zack Snyder
- The Snow Queen de Maksim Sveshnikov et Vladlen Barbe
- Jack et la mécanique du coeur (adaptation) de Stéphane Berla et Mathias Malzieu
- Molly Moon and the incredible book of hypnotism de Christopher N. Rowley et Dominique Monaghan (adapation du roman éponyme)
- Le secret de l’étoile du nord de Nils Gaup
- Les noces funèbres de Tim Burton et Mike Johnson
- Into the woods de Rob Marshall
- Narnia 1 de Andrew Adamson (adaptation)
- Little miss Sunshine (pépite que j’espère apprécier) de Jonathan Dayton et Valérie Faris
- Anna Karenine de Joe Wright (adaptation du roman éponyme de Léon Tolstoï)
- Mémoires d’une Geisha de Rob Marshall (pépite que j’ai hâte de découvrir et adaptation du roman Geisha d’Arthur Golden)
- Millénium : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette de Daniel Alfredson (adaptation du roman éponyme de Stieg Larsson).

Oulala j'ai trop hâte de lire/voir tout ça, dites moi si vous en avez vu/lu quelques uns ! Que vous ayez aimé ou détesté je serais ravie d'avoir vos avis ! 



dimanche 20 novembre 2016

Bilan Week-end à 1000 #1



Bilan du week-end à 1000#1 du vendredi 11 au dimanche 13 novembre



Mon premier week-end à 1000 terminé avec brio, avec 1074 pages au compteur. Ahhhh, ça fait du bien !

Je dois dire que j’ai été momentanément déçue de l’esprit qui se dégageait du challenge au départ. Dispute sur la page, agression de la part de certaines personnes envers Lili Bouquine, j’avoue ne pas avoir réellement compris le but de ces messages intempestifs et cela a quelque peu terni l’esprit qui s’était installé depuis quelques semaines.

J’ai adoré le partage des PàL (Pile à Lire), même si mon mur Facebook était inondé de Post sur le Challenge je dois dire que c’était agréable de voir ce que les autres lisaient, de pouvoir commenter/conseiller/déconseiller/encourager la lecture de certains ouvrages. De plus cela donne quelques idées notamment Chanson Douce de Leila Slimani ou encore Songe à la Douceur de Clémentine Beauvais.
Et puis mettre de côté tout ce que l’on doit faire, mettre notre vie le temps d’un week-end entre parenthèses le temps de lire 1000 pages, était très très reposant. Ou pas. Parce que du coup on culpabilise quand même un tout petit peu.

Dans mon post précédent je vous annonçais déjà la couleur : jeunesse et steampunk au rendez-vous.
Pour en savoir plus, vous pouvez aller lire ma critique de Le ciel de nous appartient dont je ressors comblée et ravie et celle de New Victoria avec un bilan beaucoup plus mitigé.


De la tendresse, de la joie, de la naïveté, qu’attendez-vous pour revivre un petit peu de votre enfance ?



Le ciel nous appartient de Katherine Rundell





Le ciel nous appartient, publié aux éditions Les Grandes Personnes, est un roman qui traîne depuis février dans ma bibliothèque sans que je n’ose l’ouvrir : manque de temps, d’autres romans à lire, d’autres choses à faire, les excuses ne manquent pas. Je vais vous dire une chose...je ne regrette rien et en plus je valide le point 7 du défi PKJ.

Tout le monde pense de Sophie qu’elle est orpheline. La jeune Anglaise demeure cependant persuadée que sa mère n’a pas sombré avec le navire qui la laissa, à l’âge d’un an, flottant dans un étui à violoncelle au beau milieu de la Manche.
Alors, lorsque les services d’Aide à l’enfance menacent Charles Maxim, son tuteur, érudit farfelu aux méthodes d’éducation fantasques, de lui reprendre la garde de Sophie, celle-ci décide de poursuivre ses rêves et part pour Paris avec lui sur les traces de la disparue…
Une cavale menée sous le signe de l’espoir, qui conduira la fuyarde sur les toits de la ville-lumière, en compagnie du sauvage Matteo et de sa bande de danseurs du ciel.
Froussards et phobiques des hauteurs s’abstenir : mieux vaut avoir le coeur bien accroché pour pouvoir suivre ces gamins-là !

Un roman dont j’ai noté bon nombre de citations, de pensées tant elles me touchaient par leur justesse et leur douceur. Un roman que j’ai dévoré de bout en bout, le dimanche matin 10h jusqu’à 12h afin de compléter mon week-end à 1000 mais aussi de satisfaire ma curiosité. En effet, une fois ouvert, impossible de le reposer tant les personnages dépeints par Katherine Rundell vous attirent, autant par leur gentillesse et leur bonté d’âme que par l’injustice qui se dégage de leur situation.

Sophie jeune orpheline, naufragée d’un bateau qui sombre en mer, se fait recueillir par Charles, un tuteur aussi maladroit que loufoque. Les services de l’enfance, dans cette histoire complètement à côté de la plaque et insensibles, trouvent anormal qu’un homme seul, érudit de surcroît (c’est-à-dire ne connaissant rien à la bienséance, aux bonnes manières, et aux conduites de la société) puisse élever une gamine de 10 printemps. On ne peut pas dire que son éducation soit portée sur l’étiquette : pantalons au lieu de la jupe usuelle, la mangeaille directement mise sur la Bible, le crayonnage sur les murs et la propreté qui laisse somme toute à désirer. Oui, on ne peut pas dire que Charles soit le mieux placé pour le tutorat. Et pourtant se crée une formidable amitié entre ces deux personnages à la dérive. Au grès des rencontres avec Shakespeare ou bien la poésie, entrecoupées de petites sonates au violoncelle, nos deux protagonistes vont nous faire prendre conscience de la vraie valeur des choses, ce qu’on a très souvent tendance à oublier.

Mais Sophie n’est pas une orpheline comme les autres. Sa mère, elle s’en souvient, elle en est sûre :
« Les filles, s’insurgea t-elle, ne portent pas de pantalons. »
Sophie la contredit fermement «  Ma mère en portait, elle. Je le sais. Cela lui permettait de danser, quand elle jouait du violoncelle ».
- C’est impossible dit miss Eliot, entonnant son éternelle rengaine. Les femmes ne jouent pas de violoncelle, Sophie. Et vous étiez bien trop jeune pour vous en souvenir, de toute façon. Efforcez-vous d’être plus honnête, ma petite.
- Mais c’est la vérité. Son pantalon était noir, et grisâtre aux genoux. Et elle possédait des souliers noirs. Je m’en souviens.
- Vous vous imaginez des choses, ma chère. »

Sophie ne se laisse pas abattre et continue à clamer haut et fort qu’elle se souvient de sa mère aux cheveux de clair de lune. Alors, sous la menace de l’aide à l’enfance, Charles et Sophie s’enfuient pour Paris dans l’espoir de retrouver sa mère avec pour seuls maigres indices le boîtier à violoncelle dans lequel on avait retrouvé la jeune fille. Par un extraordinaire tour du destin, ils se rapprochent peu à peu de celle qu’elle sait être encore en vie mais se heurtent brusquement à une sombre histoire d’assurance, aussi, police et avocat s’effacent prudemment devant les magouilles et leur refusent leur aide.

Sophie trouvera une autre, alors inespérée, dans le ciel, sur les toits avec des enfants des rues. Ces derniers tenteront par tous les moyens de la guider vers son étoile.

Katherine Rundell nous laisse dans un flou quasi total quant à la date réel des événements si bien qu’on se concentre uniquement sur les personnages du roman et ces derniers ne nous laissent guère indifférents. Entre espoir et angoisse, rire et larmes, nous observons la petite Sophie grandir et se battre contres les préjugés et les idées reçues des adultes. Son phrasé enfantin et à la fois philosophique nous révèlent les secrets de l’enfance que l’on oublie lorsque l’on devient grand.

Le mot de la fin : Un roman court mais riche en émotions et en leçons de vie, de plus c’est une petite perle que j’ajoute à mon palmarès. En effet, un doux sourire planait constamment sur mes lèvres quand je l’ai lu : un livre plein de tendresse donc.

Des petites citations qui font chaud au coeur et qui m’ont beaucoup plu :

« Ce sont des danseurs du ciel eux aussi. Le ciel est leur maison. C’est comme ça qu’on appelle tous les enfants qui vivent dehors, mais qui ne sont pas des sans-abri. Pas ceux qui vivent dans la rue : ceux là sont simplement des enfants perdus, ils ont moins de chance. La rue, ça ne peut pas être un foyer, parce que d’autres gens l’utilisent, en permanence, et qu’un foyer, ça doit rester privé. » - Anastasia page 211

« S’ils ont de l’argent à gaspiller dans des vœux, alors ils n’ont pas autant besoin de ces vœux que moi de cet argent » - Matteo page 219

« Ils m’ont dit à moi qu’elle était morte, elle, et je ne les ai pas crus. Pourquoi l’a-t-elle cru ? Pourquoi n’a t-elle pas continué à chercher ?
- Mais, ma chérie, parce que c’est une adulte.
Sophie se dissimula derrière ses cheveux. La colère lui brûlait le visage et contractait ses traits.
- Ce n’est pas une raison.
- Si, mon amour. On enseigne aux adultes de ne jamais rien croire, à moins que ce ne soit déplaisant ou ennuyeux à mourir.
-C’est stupide dit-elle.
- Triste, mon enfant, mais pas stupide. Il est difficile de croire à des choses extraordinaires. C’est un talent que tu possèdes Sophie. Ne le perds jamais. » Charles et Sophie page 250


« Je suggère, Sophie, dit-il d’un voix bougonne, que tu n’évoques pas cet épisode auprès des services sociaux. Le lancer d’enfants à travers les toits n’est guère toléré, il me semble. » Charles page 279.


Un univers aux contours victoriens et steampunk, dont les personnages superbement dépeints vous entraînent dans un complot grandiose.



New Victoria de Lia Habel





New Victoria est une série initialement prévue de trois tomes. L’auteure n’en a écrit que deux et le troisième ne sortira probablement jamais. C’est avec cette certitude que j’ai entamé cette lecture, peut-être est-ce également pour cela que je n’ai pas pu en profiter à fond.

New Victoria est une société high tech obéissant aux codes et aux modes de l'ère victorienne, dont les frontières sont menacées par des rebelles curieusement difficiles à tuer. Bien loin des combats armés, Nora, jeune aristocrate en crinoline, a un destin tout tracé : épouser un membre de la haute société et collectionner les robes de bal. Faire honneur à la mémoire de son père, l’éminent Docteur Dearly. Rien, dans sa délicate éducation victorienne, ne l’a préparée à un violent kidnapping, ni à survivre dans le camp d’une faction rebelle. Et pourtant elle devra surmonter ses craintes et ses préjugés pour comprendre la nature du véritable danger qui menace les vivants...comme les morts.

Je tiens tout d’abord à m’attarder sur le magnifique travail que les éditions Bragelonne ont fourni sur cette édition du cuivre remarquable. Pages dorées, très fines avec un papier presque doux au toucher, des fioritures sur toutes les pages faisant un peu plus ressortir le côté mystérieux et steampunk du roman, et la couverture, en relief vert émeraude, bleu canard et doré passé, absolument splendide. Engrenages et machineries s’entremêlent pour composer un coeur brisé dont le centre est fait d’énergie pure. Rien que d’y penser j’ai les yeux qui pétillent ! C’est d’ailleurs en partie pour cela que j’ai craqué sur ce roman.
De plus, grâce à lui je remplis un peu plus mon défi PKJ de novembre avec les points : 6, 13, 15, 24, 27, vous pouvez en retrouver le détail ici.

Donc, comme je le disais, New Victoria est composé de deux tomes : 389 pages pour le premier, 401 pour le second soit un total de 790 pages ce qui m’a permis de bien avancer dans le Week-end à 1000 dont voici le bilan !

Nora est une jeune femme tout ce qu’il y a de plus normale en apparence. En vérité elle est la fille d’un scientifique de renommée internationale et éprouve une passion quasi morbide pour les films de guerre. La société à l’intérieur de laquelle elle vit est soumise aux codes victoriens mais aussi aux avancées technologiques ; aussi, robes à crinolines, bonne conduite et hologrammes se côtoient allègrement dans un monde post-apocalyptique. Échappant de justesse à une cinquantaine de monstres humanoïdes, elle se retrouve prisonnière d’autres créatures étranges, à la différence près que celles-ci semblent être capables d’éprouver des émotions, des sentiments mais aussi de les exprimer, ce que Nora peine à admettre au départ :

« C’était un monstre. Il avait l’ai d’avoir la capacité de se montrer rationnel, de réfléchir, de ressentir des émotions. Il avait prouvé qu’il pouvait ressentir de l’exaspération et de l’amusement de manière parfaitement normale […] mais c’était un monstre. » page 83

Oui parce que le plus beau, c’est que celui qui lui sauvera la vie, la séquestrera et dont finalement elle tombera amoureuse, Bram, est en fait un zombie dont la chair se décompose allègrement...ô joie de la mort !

Je ne dirais pas que j’ai adoré ce roman, je l’ai trouvé par moment très long et incroyablement cliché : le zombie et l’héroïne, le vampire et l’héroïne, le loup-garou et l’héroïne… Ce tandem, vu et revu a de quoi m’agacer mais je dois dire que dans ce roman ça l’était encore un peu plus. Mais ne nous arrêtons pas à cela !

Le style de l’écrivain, vif et teinté d’humour, par moment presque cynique rend l’histoire beaucoup plus vivante et amusante. De plus le scénario ne s’arrête pas à une banale histoire d’amour mais retrace l’histoire de la race zombie, jusqu’à replonger dans le passé de Nora et découvrir de terribles secrets. Toute l’intrigue est basée sur une enquête ouverte où l’on découvre le point de vue de chaque personnage, méchants comme gentils, ce qui rend le roman beaucoup plus palpitant et intéressant. Par la même, certains personnages secondaires comme Pamela -la meilleure amie de Nora- et Vespertine -la soi-disant ennemie de Nora- prennent une importance capitale. Leur évolution est très satisfaisante à regarder et Lia Habel arrive avec brio à nous donner quasiment tous les éléments de l’énigme tout en nous gardant quelques parts d’ombre. Ainsi, nous sommes tenus en haleine du début à la fin.

Aussi, si l’aspect romantico-zombie, style bit-lit, a pu me repousser dans un premier temps, l’écriture fluide de l’auteure, les changements de point de vue avec des personnages importants comme secondaires et l’univers somme toute assez riche, -sans parler de la couverture hors du commun qui fait très classe dans une bibliothèque-, m’ont tout de même convaincue. C’est un livre que je recommande pour les points évoqués plus haut, même si ce n’est pas de la grande littérature, et que la Fantasy comme le Steampunk, ont connu des jours meilleurs.


Le mot de la fin : un roman intéressant qui ne rivalise malheureusement pas avec ses compatriotes du genre. L’univers riche et les personnages bien ficelés peuvent toutefois vous convaincre de le lire. 

dimanche 6 novembre 2016

Un coup de coeur qui m’a complètement envoûtée, simple, mais d’une telle complexité et d’une telle profondeur à la fois !




Aristote et Dante découvrent les secrets de l’Univers, de Benjamin Alire Sáenz





Ce roman est l’un des seul traduit en français avec « La Maison de l’oubli » écrit par Benjamin Alire Saenz, et quelle plume ! Auteur mexico-américain, il est le premier écrivain à obtenir le PEN/Faulkner Award, un prix très prestigieux aux USA.

Ari, 15 ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, qui apprend peu à peu à accepter son homosexualité naissante. Ils n’ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais.
C’est donc l’un avec l’autre, et l’un pour l’autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l’univers.

Avant de continuer cette chronique, je tiens à préciser que cette lecture m’a permis de remporter quelques points du défiPKJ ! 2, 3, 9, 10, 11, 12, 20, 25, 26, 29 et 30.

Sur ma page Facebook je vous publiais il y a quelques jours, à peine sortie de ma lecture, mon avis sur le vif : enthousiasme, sourires et larmes étaient alors au rendez-vous. Plusieurs soirées et quelques pages de romans plus tard, l’émotion vive reste encore très présente ! Et je sais ne pas être la seule. En effet il a fait grand bruit en France et aux USA, un véritable succès amplement mérité.

Une fois commencé, vous ne pourrez plus le lâcher. Vous voilà prévenus, alors écoutez mon conseil : mettez-vous sous une couette bien douillette, allumez une bougie, posez à côté de vous cookies/thé/café, n’oubliez pas vos petits mouchoirs et préparez-vous pour une soirée bouleversante.
L’écriture sensationnelle, les personnages, leur amitié, tout vous fera plonger entre les pages du roman.

Ari et Dante ont tout les deux 15 ans. L’âge où l’on s’interroge sur le sens même de la vie, sur son but, sur l’amour, le désir, la mort, la vie, les étoiles dans le ciel et sur ce que cela ferait de danser nus sous la pluie. Chacun en dehors de son temps à sa manière, ils vont vite nouer une amitié hors du commun au grès de romans, échanges, et non-dits. Benjamin Alire Sáenz réussit à donner une profondeur inouïe à ses personnages ce que peu d’écrivains jeunesse arrivent à faire. La colère d’Ari, son incompréhension face aux silences des adultes et à leurs cauchemars, nous fait repenser sans doute à notre propre adolescence sous le regard parfois plein d’incompréhension des parents, voire même des camarades de classe. Dante apparaît alors comme le contre-poids de sa colère, douceur, naïveté et sensibilité sont les maîtres mots de ce personnage énigmatique qui apparaît comme une lumière pour Ari.
Se sauvant l’un l’autre au sens propre comme au figuré, ils se lèveront sans relâche contre les injustices, à la recherche de leur propre identité.

J’ai été touchée par leur amitié, profonde et sincère et par les réflexions, parfois philosophiques ou juste révélatrices de son mal-être, du jeune Ari, je vous en cite quelques-uns qui comptent parmi mes préférées du roman :

« je voulais fermer les yeux et me laisser engloutir par le silence »
« Je parie qu’on trouve tous les mystères de l’univers dans la main de quelqu’un »
« Dante ressemblait à un ange, j’avais envie de lui mettre mon poing dans la gueule. Je ne supportais pas ma propre cruauté. »
« J’avais l’impression d’être le garçon le plus triste de l’univers. L’été était terminé. Et c’était la fin du monde ».

Je trouve qu’elles représentent parfaitement le débat intérieur d’Ari, on retrouvera ce genre de réflexions tout le long du roman, c’est ce qui en fait sans aucun doute son charme et sa justesse.
Il est très difficile de rendre justice à ce livre par les mots et il faudrait que vous le lisiez pour comprendre avec quelle précision l’auteur arrive à traiter d’un sujet aussi complexe et profond que l’adolescence, l’instant de tous les changements et des prises de conscience.


Le mot de la fin : Un roman touchant du début à la fin, des personnages profonds et tendres, et des phrases magnifiques. De l’amour et une compréhension exceptionnelle d’un passage pourtant difficile de l’enfance.