mardi 20 décembre 2016

Quand la littérature se met au noir pour les fêtes de fin d'année... par Marry Higgins Clark et Agatha Christie



Cold Winter Challenge#1
Magie de Noël




Pour ce Cold Winter Challenge je me suis lancée un défi de taille dont vous pouvez retrouver tous les détails ici
J’ai enfin fini mon premier menu, « magie de noël » que j’ai voulu très sombre tout en ayant droit aux fameux Happy End des enquêtes policières ! Pour cela Le Voleur de Noël et Le Noël d’Hercule Poirot étaient bien trouvés.

J’ai mis énormément de temps à rentrer dans l’histoire du Voleur de Noël.
D’un côté nous avons : Packy Noonan, escroc qui vient de passer 12 ans en prison, voit enfin la possibilité de s’échapper lorsqu’on lui accorde une reddition de peine. Ayant monté un plan avec ses anciens acolytes, il tourne en ridicule la filature policière et fait route vers le Vermont. Pourquoi ? Afin de récupérer des diamants qu’il a cachés, 12 ans auparavant, à la branche d’un épicéa bleu.
De l’autre : Un groupe de riches personnes venues passer quelques temps en plein air, faisant du ski et échangeant potins et bonnes aventures. Au Vermont.
Je ne m’attendais pas à un roman palpitant à souhait, où votre cerveau s’efforce de trouver le dénouement de l’histoire, je ne l’ai pas eu. Le roman se lit très vite, sans complications, sans prises de tête, et sans réelle enquête. Les coïncidences trop faciles nous font un peu tirer la grimace et on est guère surpris par la fin.

L’esprit de Noël est bien présent et on assiste à un Happy End un peu trop facile à mon goût. C’était tout de même une belle façon d’entamer le Cold Winter Challenge, bien au chaud sous ma couette.

J’ai ensuite enchaîné avec Le noël d’Hercule Poirot, beaucoup plus intéressant celui-ci, ce qui vous en conviendrait, est plutôt normal de la part d’Agatha Christie. Il m’a énormément fait penser au roman Le mystère de la Chambre Jaune de Gaston Leroux puisque on a, là aussi, un meurtre inexpliqué dans une chambre fermée à clé de l’intérieur.

L’intrigue nous place dans une vieille bâtisse anglaise, ou un vieux riche, Simeon Lee, décide de ramener autour de lui tous ses enfants pour le plaisir sadique de les voir se déchirer (qui a dit que les vieux étaient gentils ?) : Alfred vivant déjà dans le château, le fidèle fils, Georges promis à une carrière politique, avare, et comptant les sous, David, celui qui n’a jamais pardonné à son père les horreurs qu’a subi sa mère et enfin Henry qui a jeté le déshonneur sur sa famille en partant faire le tour du monde. A ces personnages hauts en couleur s’ajoutent Pilar, la soi-disant fille de Juliette ce qui fait d’elle l’unique petite fille de la famille et Stephen Farr, le soi-disant fils d’un ancien collègue du vieux Simeon Lee. Agatha Christie place le décor et le caractère de chaque personnage dès les premières pages, et comme à son habitude, Hercule Poirot fait son apparition après le meurtre, venant aider le jeune officier en charge de l’affaire.

Les suspects sont légions puisque aucun fils n’aimait réellement le père, les révélations se succèdent rendant suspect tel ou tel personnage avant de le laisser de côté pour passer à un autre. À chaque roman je fais tout de même l’effort de chercher qui est le meurtrier, éliminant ceux qui sont trop suspects et évidents pour me concentre sur ceux dont on parle peu et qui restent dans l’ombre. Attentive à chaque commentaire de chaque personnage, aux remarques toujours aussi agaçantes et nébuleuses d’Hercule Poirot mais rien y fait le meurtrier m’échappe, la raison aussi et je finis par m’abandonner complètement au jeu d’Agatha.

Et la surprise est de taille ! (ce qui est en soi un indice mais chut.)

Une enquête bien ficelée, un meurtre bien organisé, un coupable on ne peut plus surprenant, ...voilà un Noël qui fleure le sang et les embrouilles ! Encore un Agatha dont je me souviendrai longtemps.

Ce sera tout pour Magie de Noël ! Si vous aussi vous vous êtes laissés tenté-e-s par un de ces deux romans pour l’hiver ou pour le CWC, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaires !


Bonnes fêtes de fin d’année !


samedi 10 décembre 2016

Les animaux fantastiques : un spin-off qu’on oubliettera pas de sitôt !



Un film uchronique et enchanteur pour petits et grands


Les animaux fantastiques (ou Fantastic Beasts and where to find them) est un film tiré de l’univers d’Harry Potter notre cher sorcier aux lunettes rondes. Distribué par Warner Bros et réalisé par David Yates, le film figure au Box Office International et a enregistré pour sa première semaine d’exploitation dans les salles françaises, 1 420 401 entrées ce qui le place en 4e position des meilleurs démarrages de l’année 2016, après DeadPool, Zootopie et Les Tuche 2. Bien en deçà cependant des sorties d’HP qui enregistraient chacune plus de 2 millions d’entrées. Essoufflement de la saga ? Ou nouveaux publics ?

melty.fr

L’histoire commence en 1926, à New York, alors que le début du 20e siècle est troublé par Gellert Grindelwald, un sorcier revendiquant sa liberté d’exister, et que la ville subit d’étranges attaques. Les moldus, ou non-mages comme il y sera plusieurs fois fait allusion dans le film, sont terrorisés et se tournent vers les groupes extrémistes. C’est en ces temps difficiles qu’arrive Norbert Dragonneau, incarné par Eddie Redmayne, sorcier pacifiste et amoureux des animaux fantastiques. Ces derniers sont abattus et exterminés car jugés trop dangereux pour l’humanité et par là même pour l’existence secrète des sorciers.
Malheureusement, sa valise ne semble pas se fermer correctement, et c’est un euphémisme ! Des créatures s’échappent à travers la ville et sèment un peu plus la zizanie. Norbert se lance alors à leur poursuite entraînant un non-mage avec lui : Jacob Kowlaski (Dan Fogler) légèrement simplet et terriblement naïf. Porpentina Goldstein dite Tina, et jouée par Katherine Waterston, l’arrête alors pour possession de créatures fantastiques et violation de leur code. Dans le feu de l’action, Norbert échange sa valise avec Jacob et c’est le début des ennuis.

warnerbros.fr

Si l’histoire se déroule dans l’univers d’Harry Potter, il n’en est nullement fait mention ; de quoi satisfaire ceux n’ayant pas encore regardé Harry Potter ou n’ayant pas forcément aimé. J’ai particulièrement aimé l’attitude pacifiste et humaniste de Norbert magnifiquement interprété. Entre timidité et témérité, notre héros sait se préserver et sortir des mauvais pas tout en gardant un manteau de mystère derrière ses beaux yeux. On ne peut que saluer la prestation d’Eddie Redmayne que j’ai enfin pu apprécier à sa juste valeur. 


independent.co.uk

Si certains pourraient le trouver froid, n’oubliez pas que nous sommes en plein New York des années 20, et qu’il vient tout droit d’Angleterre où les Anglais sont légèrement guindés. Observez bien ses yeux et ses lèvres, cet acteur sait remarquablement bien jouer de son charme et de ses particularités ! Je n’avais pas su trop les apprécier dans Jupiter où le personnage ne collait pas vraiment à l’acteur mais là ce n’est vraiment pas le cas.

De même, Dan Fogler, dans son rôle de gourmet bon enfant se révèle drôle et attachant. C’est lui, aussi, qui se retrouvera souvent dans les situations les plus comiques et qui fera rire les enfants. 


Twitter

Par contre, sa relation fleur-bleue avec Queenie Goldstein (jouée par Alison Sudol) était on ne peut plus décevante. (pottermore) Le personnage de la jeune femme, fantasque et un peu cruche (il faut le dire) la dessert complètement et lui donne que très peu de profondeur. Leur relation, basée sur un échange sur les pâtisseries, ne paraît que plus ennuyante et leur séparation trop longue m’a fait lever les yeux au ciel.



Certains éléments (fortement soulignés par Maximemaxmf Maui sur Sens Critique) comme la refonte d’un appartement devant des centaines de moldus m’a paru incompréhensible : pas de sort d’oubliette annoncé, personne pour contrôler, des effets spéciaux supplémentaires qui révèlent tout de même un trou dans le scénario. Dans le même genre, le passage de la banque, où Dragonneau, devant des dizaines de témoins, embarque notre pauvre Jacob avec un sort de téléportation.
Ce serait peut-être explicable si, par exemple, Dragonneau expliquait que cela ne posait aucun problème en Angleterre, ou, qu’il n’en avait pas l’habitude pour des raisons de mœurs et coutumes différentes, mais il n’en est rien et nous restons un peu bouche bée devant ce manque flagrant de cohérence.

Attention ! ce passage pourrait en spoiler quelques-uns, passez directement au paragraphe suivant dont le premier mot est en orange.
SPOIL : Petite déception concernant l’obscurus ! La créature la plus dangereuse et explosive dans le monde magique. Si Jenn Murray joue parfaitement bien Chasteté et que J.K Rowling arrive à nous tromper pendant un long moment sur la réelle identité de l’obscurus, je suis extrêmement désappointée devant sa mort. On la survole à peine ! Ce qui rend peu crédible le caractère humaniste de Dragonneau et sa soi-disant morale.

Repassons au cours normal de cette chronique. Je ne ferais pas l’analyse de la mise en scène et encore moins des effets spéciaux de David Yates puisque je connais très peu sa filmographie et que je ne suis en aucun cas une experte. Je ne me permettrai donc pas de juger. Par contre si certains veulent apporter leur critique, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Je terminerai donc cette critique par une note positive : les 2h10 de film passent complètement inaperçues. Notre attention est retenue du début à la fin entre les animaux fantastiques et les rebondissements très bien rythmés. Si le scénario est on ne peut plus prévisible, vous saurez apprécier le côté touchant ou comique de certaines scènes.

Le mot de la fin : un film uchronique et enchanteur pour petits et grands, qui se faufile à merveille dans l’univers d’Harry Potter tout en présentant un nouveau héros. Je regrette cependant les quelques erreurs scénaristiques et le personnage de Queenie beaucoup trop idiote à mon goût.